‹ Histoire du peuple suisseChapitre 78 sur 125 · UNITÉ HELVÉTIQUE · texte numérisé non relu

UNITÉ HELVÉTIQUE

Laharpe lui-même demeura épouvanté de la conduite perfide et honteuse des libérateurs de sa patrie. Ces faits fortifièrent l'opposition contre Tunité; la libération parut une servitude. Et lorsque, après la reddition de Berne, Brune eut invité tous les cantons à envoyer leurs délégués à Aarau pour l'adoption de la constitution, les dix cantons de Zurich, Berne, Soleure, Fribourg, Bâle, Schaffhouse, Argovie, Oberland et Yaud répondirent seuls à son appel ; les cantons intérieurs et orientaux se tinrent à Fécart. L'assemblée d' Aarau élut les nouveaux fonctionnaires, le directoire, le sénat, le grand conseil et le ministère ; Ochs devint président du sénat, le Ber^ nois Euhn fut président du grand conseil. Les sommations du Directoire firent adopter la constitution par la Suisse orientale; mais les cantons primitifs qui conservaient, depuis des siècles, le sentiment de leur indépendance, résistèrent avec toute l'opiniâtreté que produit le sentiment de l'honneur blessé ; car il s'agissait pour eux de perdre la prééminence qu'ils avaient fait prévaloir pendant un long passé. Le clergé, très-influent dans ces cantons, se servit, pour fanatiser le peuple, des dispositions de la constitution qui pouvaient être défavorables à l'Église catholique (confiscation des trésors des couvents, autorisation à conclure des mariages mixtes-). Une diète tenue à Schwitz protesta contre la constitution helvétique, et même Schwitz conçut le projet audacieux de rétablir l'ancienne confédération et de se mettre à la tète de la nation victorieuse. Un immense enthousiasme patriotique et religieux saisit les hommes de tout âge et jusqu'aux femmes et aux enfants, qui se soulevèrent. Des ecclésiastiques, tels que Marianus Herzog, d'Einsiedeln, et le capucin PaulStyger se mirent à la tète des gens armés. On envahit les domaines voi-

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842 INFLUBNGB PB l'étranobr (1798-1830)

sins (Zug, Rapperewyl et Lucerne), pour enlever à la république helyétique toutes ses possessions. Schauenbourg forma le projet d'attaquer de tous c6tés. Une partie de ses troupes remonta le lac de Zurich, prit d'assaut Wollorau et Pfsefûkon (avril 1798) et marcha sur Etsel et Schindellegi. A Etzel, le curé Marianus Heraog abandonna traîtreusement sa position et ouvrit à Tennemi le chemin d'Ëinsiedeln; le reste des Schwitzois^ soud la conduite d'Alols Reding^ pour ne pas ôtre eemé, se retira après une vigoureuse résistance, sur Rothenthurm et Morgarten où Ton avait jusque-là combattu avec bonheur contre une division française et où Ton remporta une nouvelle victoire sur Tensemble des forces ennemies. Mais les Français, bien supérieurs en nombre aux Schwitzois, eurent définitivement l'avantage, et 6chwitE, abandonné des autres cantons et même d'Uri, finit par se rendre. Bientôt après on dut prêter serment dans toute la Suisse à la constitution helvétique, mais les sourdes colères éclatèrent de nouveau et surtout à Nid* waldenqui, excité par le clergé^ reprit les armes. ScMauenbourg, avec 15,000 hommes, eut beaucoup de peine à soumettre ce petit pays; les descendants des héros de Sempach, Nœfels et Morat, se souvenant des exploits de leurs ancêtres, succombèrent sans emporter au tombeau la gloire d'une bravoure incomparable. Le sort du pays fut affreux : partout où paraissaient les baïonnettes françaises, coulaient des flots de sang; les habitations furent brûlées et la misère devint extrême. Ainsi la eeastitution helvétique fut imposée par la violence.

Règlements intérieurs. — Cependant le Directoire et ses ministres s'acquittèrent de leur tâche aVec énergie. Les deux ministres, le docteur Albert Rehgger et Albert Stapfer, issus de TArgovie, se distinguèrent pdirtieulièire^

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