RÉGÉNÉRATION DES CANTONS
poser la révision de la confédération, déclarant que le peuple n'y était pas représenté, et demandant que cette confédération relâchée fut transformée en un puissant corps ayant des institutions nationales. Cette opinion fut vivement discutée, surtout dans la Société helvétique, dont le président était Pfyffer; lui-môme exprima le vœu de la fondation d'une école supérieure suisse qui devait être « pour notre vie intellectuelle ce que la constitution fédérale était pour notre vie politique, une école de haute culture nationale. » En même temps, le juriste zurichois, le docteur Bluntschli demanda une plus forte centralisation sans laquelle, disait-il, la confédération se dissoudrait peu à peu. Le gouvernement de Thurgovie exprima officiellement ce vœu le 25 mai 1831, en proposant dans une missive au canton principal, la révision du contrat d'alliance de 1815. La diète accueillit as$ez froidement cette motion qui trouva d'autant plus d'écho dans J'opinion publique. Une association défensive se forma dans tout le pays à Teffet de frayer le chemin à la révision de la confédération, et une adresse de 10,000 voix fut envoyée à la diète. Celle-ci, enfin, vota la révision le 17 juillet 1832, et nomma une commission pour en rédiger le projet. Cette commission, après de pénibles discussions, acheva sa tâche en décembre. Son travail, dans les points essentiels, était une sorte de compromis du parti du juste milieu dominant dans la commission, et qui né voulait que des réformes partielles. C'était donc une œ.uvre rapiécée, hybride, qui ne répondait à aucune vue déterminée. Parmi les libéraux, beaucoup combattaient ce projet comme insuffisant et incomplet (surtout dans la représentation du peuple), d'autant plus que la diète réduisit encore les propositions de la commission. Pour les partisans de l'ancien système,
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Tunité helvétique était un épouvantail; et la plupart des cantons ne voulaient renoncer à aucun de leurs droits et de leurs avantages pour l'amour du bien commun. Malheureusement rinfluence étrangère intervint auLsi. La Prusse et TAutriche, après avoir fait triompher la réaction en Allemagne et comprimé tous les mouvements , révolutionnaires, cherchèrent aussi à paralyser en Suisse les tentatives de réforme en y maintenant les traités de 1815. Encouragés par TAUemagne, les six cantons de Bâle, Uri, Schwitz, Unterwalden, Valais et Neufchâtel envoyèrent le 14 novembre leurs délégués à Sarnen pour protester contre la séparation de Bâle et contre Tadmission à la diète des représentants de Bâle-Gampagne et de Schwitz extérieur, ces divisions étant une violation de l'alliance. Ils espéraient faire échouer en même temps la révision de l'alliance; aussi, confiants dans l'appui des puissances étrangères, ils déclamèrent violemment à la diète contre le projet et manifestèrent sans ménagement leurs dédains pour « le livre d'Ochs et la doublure de Casimir de la chemise du pâtre confédéré» (1). lisse réunirent en diète particulière à Schwitz, formant ainsi une alliance séparée. En soulevant les autres cantons par des considérations hypocrites, ils parvinrent à obtenir une majorité contre la nouvelle constitution. Ce fut le signal d'une nouvelle réaction. Sans avoir égard à l'arrêté de la diète concernant la séparation de Schwitz, le colonel Abyberg, un des principaux chefs du parti réactionnaire, marcha sur Kussnacht qu'il occupa avec des troupes schwitzoises (31 juillet 1833). Ce défi porté ouvertement au pouvoir fédéral, produisit une immense sensation en Suisse; mais son heureux succès poussa
(1) Allasion au projet de constitution d'Ochs, et à Tappel du D' Casimir Pfyfifer.
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