‹ Histoire du peuple suisseChapitre 84 sur 125 · EFFETS DE LA RÉGÉIÇÉRATIOK · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA RÉGÉIÇÉRATIOK

le peuple et les instilutiokis étalent saisis d*uil vif enthousiasme pour la réforme de réducatioû. On commença par la fondation de séminaires de professeurs, destinés à former des maîtres capables; à Zurich (Kûssnacht en ld32 sous la direction du docteur Thomas Scherr) , en Thurgovie (Kreuzlingen en 1833 sous Wehrli), à Berne (Mûnchenbuchsee, 1833), Soleun9, Vaud, etc. L*instruction fut rendue obligatoire, les écoles furent soigneusement graduées; on créa une école polytechnique; de nouveaux moyens d'instruction furent adoptés, et Ton appliqua tes méthodes modernes d'enseignement de Pestalozzi, F^Uenberg, etc. A Zurich, les chefs des libéraux, le boui^mestreMelchior Hirzel, docteur Keller, etc., avaient choisi poui^ directeur du séminaire le docteur Scherr, qui devint bientôt Tàme de toutes les réformes de Fédutation populaire ; il fit un projet d'organisation du système scolaire qui devint un modèle pour tous les autres cantons. Le professeur Oitelli, esprit élevé, se voua tout entier à Torganisaiion d'une école cantonale et d'une haute école (1832) qui devint le modèle de celle de Berne en 1833. Les cantons catholiques avaient surtout occasion de manifester leurs tendances libérales dans le règlement des affaires ecclésiastiques. Des curés libéraux de Rapperswil (Aloïs et Christophe Fuchs) travaillèrent à émanciper l'Église du joug romain; Lucerne aussi devint im foyer de propagande libérale ; une conférence de délégués de Lucerne, Berne, Soleure, Bâle-Gampagne, Saint-Gill, Argovic et Thùrgovie, tenue à Baden en 1834, protesta vivement contre les prétentions de la curie, et demahda rétablissement d'un aifchevêché suis&e; elle résolut d'écarter les envahissements du nonce dans la juridiction épiscopale, d*exercer le contrôle de l'État sur toutes les dispositions ecclésiastiques et la surveillance sûr les

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séipinaires de prêtres et les synodes, et de restreindre la juridiction ecclésiastique en général. Pour mettre fin à l'autonomie des couvents, on les soumit au pouvoir épiscopal et on les assujettit aux impôts. On voulait aussi diminuer le nombre des jours de fête, et Ton réclama môme l'abolition de la nonciature. La curie s'efforça, par tous les moyens possibles, d'entraver ces mouvements; les ultramon tains (défenseurs de la papauté) excitèrent un soulèvement dans le Jura bernois, et les puissances étrangères défendirent la hiérarchie, de sorte que les décisions de la conférence ne furent pas exécutées. Mais elles n'en portèrent pas moins des fruits très-utiles, beaucoup de gouvernements prirent une attitude plus énergique vis-à-vis des exigences de l'Église, et la tolérance trouva en eux un plus ferme appui. Les conséquences immédiates furent que l'Argovie plaça ses couvents sous l'administration de TÉtat; Saint-Gall procéda à l'abolition du couvent de Pfœffers; mais Berne eut de la peine à dompter Tinsurrection du Jura. Les effets de la régénération se firent sentir aussi dans le commerce; l'industrie fut perfectionnée et le pays se comTit d'un réseau de magnifiques routes.

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