‹ Histoire du peuple suisseChapitre 85 sur 125 · RÉACTION, LIGUE SÉPABÉE ET RAPPEL DES · texte numérisé non relu

RÉACTION, LIGUE SÉPABÉE ET RAPPEL DES

JÉSUITES. — En 1829 et 1830, le parti libéral était uni dans la poursuite du progrès, mais dans le cours des événements qui suivirent, le parti des radicaux se sépara d'eux pour réclamer des innovations plus hardies. A tous les deux s'opposaient les conservateurs ou réactionnaires, qui, bien que vaincus, n'étaient pas anéantis ;

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au contraire, plus les radicaux étaient ardents, plus les réactionnaires s'affermissaient dans Fesprit du peuple. A Schwitz, ils reconquirent d'abord leur domination. Abyberg, leur chef, devint landammann (1834), et, sous son influence, les jésuites furent appelés (1836). Sous le landammann Reding, les libéraux résistèrent à ces agissements ; une contestation au sujet du partage et dé remploi des biens communs excita les deux partis (celui des Serres et celui des Cornes) (1), et à la réunion du conseil général de 1838, il y eut une lutte à la suite de laquelle le pays fut désarmé par Lucerne ; mais rien n'ayant été réglé, le parti dominant ^es Ck)mes obtint la victoire et Abybei^ resta landammann. Le triomphe de la réaction fit plus de sensation à Zurich, où le libéralisme paraissait plus profondément enraciné que partout ailleurs ; il y avait môme pris une nuance décidément radicale, ce qui inquiétait non-seulement les partisans de l'ancien ordre de choses, mais aussi les modérés. En peu de temps on avait créé un système scolaire modèle, et l'on avait transformé le système pénitentiaire, militaire et diverses autres branches de l'administration. Mais on procédait quelquefois à ces réformes avec précipitation et sans ménagement, ce qui fit des mécontents redoutables quoique silencieux ; la vieille génération ne suivait pas volontiers l'audacieuse jeunesse. Déjà en 1832 on était menacé d'une réaction, parce que la populace, en mettant le feu à une grande fabrique, avait empêché la célébration de la diète d'Uster. Ce qui rencontra le plus d'opposition, ce fut Toffort constant des hommes d'Etat pour affranchir l'école de la tutelle de l'Église et anéantir l'étroite orthodoxie qui prétendait se soustraire

(l)^Les Cornes, les aristocrates; les Serres y les campagnards.

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