RÉACTION, LI&UË SÉPARÉE
Lorsqu il fut question d'une nouvelle constitution libérale, les couvents et celui de Mûri en particulier, excitèrent une insurrection dans le libre bailliage (1840 et 1841). Mais le gouvernement, trèS'-énergique, prit une mesure qui pouvait être regardée comme un défi porté à toute la réaction suisse. En janvier 1841, sur la motion du directeur du séminaire Augustin Keller, il résolut d'abolir les couvents. Le parti ultramontain ne pouvait se résigner aussi facilement à se voir enlever son principal appui en Suisse. 11 n'eut pas de peine à revêtir son opposition d'une forme légale, et protesta contre la rupture du contrat de 1815 qui garantissait l'existence des couvents.
Le nonce protesta et fut soutenu par les cantons primitifs et par l'empereur d'Autriche comme descendant des fondateurs de Mûri. Les cantons primitifs firent le plus de bruit ; ils exigèrent le rétablissement des couvents. Mais la diète était encore sous Timpression du mouvement de Zurich, qui avait entraîné dans le camp des conservateurs et des réactionnaires le Saint-Gallois Baumgarten, autrefois si libéral et dont la voix dirigeait la diète. L'Argovie fut forcée de céder en partie et de rétablir quelques couvents. Cependant la situation changea de nouveau. Le peuple zurichois reconnut son aveuglement quand les feuilles, organes des radicaux, le Républicain et le Messager du pays , l'eurent éclairé sur les véritables motifs des aristocrates et réveillé en lui le souvenir du grand jour d'Uster; et, comme pour réparer le mal qui venait de s'accomplir, une assemblée, à laquelle 20,000 hommes prirent part à Schwamendingen, résolut de soutenir vigoureusement le gouvernement d'Argovie (août 1841) ; d'autres cantons firent de même et, en 1843, la plupart des cantons se dé-
282 BËOÉNÉRATION DKS. CANTONS (1830-1B48)
clarèrent pour TAi^ovie. Mais les cantons dominés par le clergé, Lucarne, Uri, Sehwitz, Unterwalden, Zug, Frlbourg e% Valais protestèrent et, pour /« défense des droitdi lésés de la Suisse cathoUfue, ils conclurent une alliance séparée, la seconde depuis 1832. Cette ligue était formée des mêmes cantons par la menace d'une séparation fonneUe. Mais les esprits n'étaient pas encore asse9 fanatisés pour ne pas reculer devant la guerre civile, lorsqu'une autre question plus pressante que celle des. couvents, celle des jésuites, entraîna les partis au eoanbat. Les jésuites luttaient partout contre la politique libérale ; excité par eux, le parti réactionnaire (les vieux Suisses) prit les armes dans le Valais en 1843, battit \fè& jeunes Suisses dsias un combat sanglant, jrestreigmt la liberté de la presse et le droit d'association, établit wke nouvelle constitution à l'avantage du clergé et des jésuites, et persécuta les jeunes Suisses avec la plus grande cruauté. De profondes ténèbres s^étendeient sur le pay$'(\). Lucarne appela ^iissi les jésuites le 24 octobre 1844, pour leuv eonêer l'enseign^n^oit supérieur. Les libéraux, qui avaient voulu s'y opposer, furent vaincus. Cependant le fioit ultramontain et réactionnaire monta à tel poin^t que le parti libéral suisse se releva énergiqualaent ; FeHeaberg ât un appel aux armes pour délivrer le Valaifi.de la honte des jésuites, et Augustin Keller représenta à la diète, sous les plus vives couleurs. TinflueB.ce funesta da l'ordre dont las principes condam^ nabljBS eè la dépendance de Rome menaçaient d'étouffer tout sentiment de liberté républicaine. Le peuple qui, dans son bon sens, pensait et sentait plus libéralement que se& chefs, et qui, daas ses vagues aspira tions» sedi-
: (1) Faddersen, p. 379.
RâPPK^ PKS JKSUIT£S 2S3
rigeait vers le droit chemin, intervii^t, comme en Argor vie, daiis la que»ti(On des couveati^ ; el, ç^pv^s une pre* mière tenta^tive infructueuse des yoloutaii^St afg^vi^ns et lucçraois pour prendre la ville et eu ohasse» les jésuite^, \\ s.e réimit eiii a^senpJU^ dai^s les €a«t<M^ de Qjerue et dç Zurich e| demanda k, 1^ dièl^ Vexpulsios^ des jéguites et la révision 4u contrat d'attia^e^ A Unte^t strass près de Zuricti, une assemblée de 20,000 hoo^mes lança une proclamation qui pj?o4uisit une émoAie^ pro-^ fon<te (5. iaAvier 1845). J>9J}^ le pays de Yaud, le gouvernemeu\ fut vej;\vei:sé et cemjpXaçé pa^im ppuvoir i^icaL Berne, Zurich, Vaud et Argo^e se déclaitèrent en. union pour Tes^piUsion dea j.ésuMf^ ; 19^ ika ma^oçité des. c£^ntQÇLS. s'y opposa;it encore. A Lucerp^ l^s uUramo^tains victoriiçu:^ gouvernèrent pai; l<a terreur, beaucoup de lei;^ a^v^saJùçes Curent forcés de fuir et de chercher un açiJl^. 4j^n9.1e voisn^a^^ Toutes le^ remontrances de ta diète ne les aya^OLt pa^ rendus plus modérés, Los cantons d'Aïgoyiç,, d^. QiUe-CaÂ^pago^i de Spl^eure et de Bwne envoyèrent des volpnitajjces sou^ la condi^te di^s colonels Ochsenl^jejii^et H.o.tl;ipilQM(, poi^* s'^mpaieide la ville avec le secours des réÎMgi^ lucernois ; m^ ils ip,anquaient d'unité et de disiQiplineet, apcès ayoir laissé échapper le temps favorable» ils échouèrent dan^ leur seconde eaipéditv^A (31. mars 1945)., Luçen^,. a<U QO^Iiraire,. ];edpuJ)laLt de i^igujeui;. Le d(Qcteuc Steiger, condamné à mort, put cepe^d^t se ré£i;^ler ^ Zuricti, ; le n,Qmbre 4^ poo^cvtptions. s'él^eva^tt d'y^e maïuèreei&ayai^te. PersoAne n'éUi^ à l>b^i de la fureur de^ orgu^iUeupc u^tramont^ns. De npuyelj^ e^éçutlpn^ eigrent Ueu après la mort de J^^u d'Jg^er^l^ a^sassi^é le ^ juUJl^ 184pi; e^viroa 700v personnes furent proscrites, et parmi elles se trouvait le docteur Casimir Pfyffer. Les cantons alliés de L^cerne