RÉGÉNÉRATION DES GANTONS
ne levaient pas moins audacieusement la tète après la défaite des rolontaires. Ils donnèrent à leur ligue une constitution plus ferme et résolurent d'agir en commun contre toute atteinte portée à leurs droits souverains et territoriaux ; ils établirent un conseil de guerre et se rendirent ainsi coupables de ce qu'ils avaient eux-mêmes reproché aux libéraux en 1841 ; car leur conduite était une violation évidente du contrat d'alliance qui interdisait toutes les ligues particulières ; elle était même un défi à toute autorité de la confédération. La confédération devait dissoudre la ligue particulière^ ou ceUe-^ei devait se soumettre à la confédéralion (1).
§ 67. GuBRRB DU SoNDBRBUND. — Pendant que la réaction triomphait, la cause libérale se fortifiait en silence. A Zurich, ses partisans avaient recouvré la prépondérance ; les chefs du système de septembre avaient été forcés de se retirer du gouvernement, et le docteur Farrer, homme de la régénération, était à la tète de rÉtat. A Berne , dont le grand conseil renfermait beaucoup de radicaux, le gouvernement ne pouvait plus résister au peuple, qui demandait une représentation plus large et une extension de ses droits : il fut contraint d'accorder une nouvelle constitution (juillet 1846). Berne et Zurich étaient donc le bouclier et le refuge de la Suisse libérale. Mais lorsqu'en 1846 la diète délibérait sur Tattitude de la ligue particulière , il manquait deux voix à la majorité des cantons contre les jésuites et le Sonderbund ; le parti du progrès n'obtint la majorité que lorsque le pouvoir arriva aux mains des radicaux à Genève, et de leur chef James Fazy , en même temps qu'il était arraché à celles de Baumgarten, de Saint-Gall, par
(1) Feddersen, p. 412.