NOUVELLE CONSTITUTION D'ALLIANCE
États, représentant les cantons. Vingt mille citoyens suisses élisaient un membre du premier conseil; chacun des cantons en nommait deux du second. Dans Tun et Tautre conseil, on décidait à la majorité des voix; mais il fallait le vote des deux conseils pour que les résolutions fussent valables. Le pouvoir suprême exécutif et directeur était confié au conseil fédéral, formé de sept membres élus pari-assemblée, et présidé parle président de la confédération. Un tribunal fédéral fut chargé d^administrer la justice. Ainsi le peuple était représenté dans Talliance et il avait en même temps des droits considérables, garantis par la constitution ; on avait posé les fondements d'un droit commun suisse, malgré toutes les restrictions qui Tenlravaient encore. Les progrès de l'industrie et des arts furent assurés par une liberté complète à Tintérieur; nulle condition aux établissements des citoyens, libre achat et libre vente, abolition des douanes intérieures, libres communications entre les divers cantons, sauf quelques faibles restrictions, telles étaient les heureuses conséquences de ce régime. Mais lorsqu'il s'agit d'adopter cette constitution, beaucoup la trouvèrent insuffisante. Tandis que les cantons intérieurs conservaient l'idée de la vieille alliance des Etats, les autres souhaitaient l'unité absolue de la représenta,tion nationale et la prédominance de la centralisation. Ils énuméiaient tous les bienfaits réalisés et projetés par l'unité helvétique et rappelaient que si elle avait soulevé des haines, c'était uniquement à cause des circonstances exceptionnelles qu'elle avait traversées ; ils ajoutaient que, pour faire naître des sentiment^ d'union, il fallait non-seulement abolir toutes les restrictions du libre échange et des droits du peuple, mais aussi placer les écoles, le système judiciaire et le système
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militaire entièrement sous la protection de la confédération. Mais la pensée qui prévalut fut celle d'une prudente modération, empêchant d'aller trop loin et de remettre tout en question. Les partisans de Tunité se consolaient en constatant les résultats obtenus qu'ils regardaient comme une transition à des progrès ultérieurs. Le 12 septembre 1848, la constitution fut adoptée par la majorité des cantons et des votants (1). Le canon annonçait cet heureux événement, et des feux de joie s'allumaient sur les montagnes. Le peuple suisse commençait une nouvelle ère , la plus importante depuis la fondation de la confédération. L'union autrefois si relâchée, formée pour la défense commune , et efficace seulement dans le danger, avait fait place à un système politique organisé d'après d'excellents principes, dont le but était le progrès de la civilisation, dont la force et la valeur ne dépendaient plus que de la culture et de l'activité du peuple et de l'amour de l'humanité.
(1) 15 cantons et demi adoptèrent, 6 et demi rejetèrent parmi eux ceux du Sonderbund àTexception de Fribourg. La participation du peuple au vote fut faible ; la moitié environ s'abstint. Le résultat fut 169,743 contre 71 ,899.