‹ Histoire du pontificat de Clement XIVChapitre 15 sur 28 · AFFAIRE DE PARME · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE PARME

année 1773, le cardinal de Bernis écrivait au duc d'Aiguillon : « Le pape m'a prié de faire agréer au roy qu'il ne repondist pas à la lettre que Sa Majesté lui avoit écrite au sujet du bref de suppression des jésuites. Sa Sainteté croit qu'il vaut mieux qu'on efface de cette affaire tout air de projet concerté entre elle et les cours, puisqu'elle ne s'est déterminée que pour le bien de la paix de V Église et pour bannir les disputes. »

Mofiino intervint dans cette négociation avec son habileté et sa prudence accoutumées, et, prenant pourpoint de départ les faits malheureux qui avaient réellement eu lieu sous le pontificat passé, il établit sur cette base une fiction qui devait avoir pour résultat la restitution désirée.

Le jeune infant d'Espagne, duc Ferdinand de Parme, le plus innocent peut-être dans tous ces événements malheureux, en devait cependant porter toute la peine. On supposa que, puisqu'il s'était attiré la haute et juste désapprobation de Clément XIII, par son imprudente conduite dans des innovations en matière ecclésiastique, — auxquelles l'avaient poussé deux ministres irréligieux, Dutillot et Llano, lorsqu'il était à peine âgé de dix-huit ans, — il avait ainsi offensé ses propres alliés, les souverains de la maison de Bourbon, les ayant mis, de cette sorte, dans la triste nécessité de prendre part à l'injure qui lui avait été faite par le monitoire de Parme, et qui les avait, en vertu du Pacte de famille, indirectement atteints et contraints, premièrement, de demander au pape la révocation de son monitoire, et, ensuite, celui-ci s'y étant refusé , de s'emparer des États du saint-siége enclavés dans leurs domaines , et de se maintenir dans leur occupation jusqu'à ce que cette révocation eût lieu. On ajoutait que c'était donc le devoir du duc de Parme, nou-seulement de demander excuse aux souverains de la maison de Bourbon pour avoir été cause de l'occupation de ces États, mais encore de les crier officiellement qu'ils consentissent à restituer ces mêmes États au saint-siége, le désaccord entre Parme et Rome étant terminé.

Mais qui devait prendre l'initiative et conseiller au duc de Parme de faire cette démarche, surtout auprès de son oncle, le roi d'Espagne?

Ici encore Mofiino ne fut pas embarrassé, et pensa que le pape, en sa qualité sublime de médiateur entre les princes catholiques, et surtout ceux qui étaient unis par les liens du sang, pourrait,

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