‹ Histoire du pontificat de Clement XIVChapitre 16 sur 28 · ET UESTITUTION DES ÉTATS PONTIFICAUX · texte numérisé non relu

ET UESTITUTION DES ÉTATS PONTIFICAUX

sans blesser en rien sa haute dignité pontilicale, exhorter le duc de i*arme à faire cette démarche.

Pour donner au saint-père, en cette circonstance, une preuve évidente de vénération, de soumission et de reconnaissance, Moilino projeta de faire passer secrètement au duc infant, de la part de la cour de Madrid, l'ordre de congédier, pendant quelques mois, le comte de Llaiio ainsi que Dutillot, lesquels étaient les auteurs des malheureuses mesures dont nous avons parlé contre la liberté de l'Église, et de les renvoyer en Espagne sous prétexte d'affaires. Cette détermination fut d'autant plus facile à prendre, qu'à cette époque Llano et Dutillot étaient tombés dans la disgrâce du jeune souveram.

Les intentions de l'ambassadeur d'Espagne, en cette circonstance, étaient certainement on ne peut plus louables ; on ne pouvait mettre lin à cette longue querelle avec plus de convenance, et l'on sauvait ainsi la dignité pontificale et l'honneur des princes de la maison de France.

Moilino avait envoyé ce plan à Madrid, dès le mois de mai de cette année 1773, mais avec prière de ne pas lui donner de suite jusqu'à ce que le pape eût procédé à la suppression de la société de Jésus. Le marquis de Grimaldi en donna, sous le plus grand secret, connaissance à l'auditeur de la nonciature, et celuici s'empressa de le communiquer au cardinal secrétaire d'État.

LXXXAT — Le projet de Mofiino rencontra près les cours de Madrid, Naples et Versailles, la plus grande sympathie. Clément XiV se servit probablement de rintermédiaire de l'évèque de Parme pour effectuer cette réconciliation entre le roi d']"]spagne et le duc; et, dès le 8 septembre (1), il informa de cet événement Louis XV, qui lui en témoigna toute sa joie dans la lettre suivante :

« Très-saint Père ,

a Nous sommes pénétré de reconnoissance de tous les sentimens dont Votre Sainteté nous renouvelle les assurances par la lettre qu'elle nous a écrite le 8 de ce jnois, au sujet de l'événement qui a rétabli notre cher petit-fils Ferdinand, infant d'Espagne et duc de Parme , dans les bonnes grâces du roi son oncle, et qui a mérité en même temps à ce jeune prince le retour des démons-

'l) Thciner, Clemenlis XI V Epint., etc., n" %V1, pag. 568.

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