‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 105 sur 378 · chapitre vu. aes · texte numérisé non relu

chapitre vu. aes

Léon^ évèque, et le saint concile assemble dans la ville de Rçwe, à l'impératrice Pulchérie.

« Si les lettres que nous vous avions adressées par l'entremis*? de nos légats, dans l'affaire de la foi, étaient parvenues à Votre piété, vous auriez pu, à coup sûr, avec F assistance divine , apporter quelque remède à tout ce qui s'est fait contre la foi orthodoxe. Dans quelle occasion, en effet, vous a-t~on vue abandonner les évêques, pu reftiser votre secours à la religion et à la foi chrétienne? Mais, comme il n'a pas çté possible à nos légats d'arriver jusqu'à vous , et qu'à peine un seul d'entre eux , le diacre Hilaire , est venu à bout de vous rejoindre i après s'être dérobé par la fuite aux persécuteurs , nous avons pensé qu'il était convenable de vous écrire de nouveau. Et, pour que nos prières aient plus de force auprès de vous , nous avons joint à la présente dépêche une copie des lettres que Votre Clémence n'a pas pu recevoir, vous conjurant, avec des instances plus vives qu'auparavant , de prendre soin de la religion que vous pratiques d'une manière si parfaite, ce qui vous procurera d'autant plus de gloire que les excès auxquels on s'est porté et auxquels il vous appartient de mettre un terme , ppur obéir à la foi dont votre âme royale est pénétrée, sont plus graves et plus fâcheux. Faites en sorte que la pureté de la foi catholique ne souffre aucune atteinte par suite des démêlés et des

jalousies des hommes. Car les différends que l'on croyait assoupis ou apaisés par la tenue d'un concile à Ephèse , ne se sont pas seulement envenimés de manière à compromettre davantage la tranquillité de l'Eglise ; mais , ce qu'on ne saurait trop déplorer, ils en sont venus au point de menacer d'une ruine entière la foi même sur laquelle est fondé le titre de chrétien que nous portons.

« Les légats que nous avions envoyés, l'un desquels, échappé à la violence de l'évêque d'Alexandrie, qui s'était rendu maître de tout dans l'assemblée , nous a fait un rapport fidèle de ce qui s'est passé ; nos légats, disons-nous, ont fait, comme ils le devaient, leurs réclamations dans le concile, afin de s'opposer, non à la décision, car on ne peut se servir de ce mot, mais à la fureur d'un seul prélat. Ils ont protesté que tout ce qui se faisait par violence et par contrainte ne pouvait préjudicier ni aux mystères de l'Eglise, ni au symbole composé par les apôtres eux-mêmes , et qu'aucune voie de fait ne les amènerait jamais à se séparer de la créance qu'ils avaient apportée au saint concile, exposée et expliquée dans le plus grand détail par le Siège de saint Pierre. La lecture de cet exposé ayant été rejetée, malgré la demande des légats , afin d'anéantir (nous le disons avec horreur) la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ selon la chair, et la réalité de sa mort et de sa résurrection , en mettant de côté la foi qui a couronné les patriarches , les prophètes , les apôtres et les martyrs ; nous avons écrit à ce sujet , comme nous Ta-

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vons pu , au très-glorieux , et ee qui est d'un bien plus grand prix , au très-chrétien empereur (vous trouverez également ci-après une copie de cette lettre), pour qu'il ne laisse aucune nouveauté corrompre la foi dans laquelle il a été régénéré par la grâce d'en haut , et sur laquelle est basée la prospérité de son règne. Puisque FeVêque Flavien est resté dans la communion de toutes les églises d'Occident, et qu'aucune considération ne permet de regarder comme valable tout ce qui s'est fait sans égard à la justice, et au mépris de la discipline établie par les canons ; et, comme le concile d'Éphèse n'a (ait qu'accroître les dissensions scandaleuses qui s'étaient élevées , bien loin d'en étouffer le germe , nous avons prié l'empereur de fixer le lieu et le temps pour la célébration d'un concile en Italie , tous les sujets de plainte et tous les griefs demeurant en suspens des deux côtés ; afin qu'on puisse examiner avec plus de soin tout ce qui a produit de l'aigreur , faire rentrer dans la paix de Jésus-Christ, sans blesser la foi et sans nuire à la religion, ceux d'entre les évêques qui n'ont signé que par faiblesse, pour obéir à la contrainte exercée envers eux; et qu'en un mot , on se borne à déraciner les erreurs en épargnant les personnes.

Pour nous faire parvenir plus sûrement à ce but, que Votre Majesté , dont nous avons éprouvé depuis si longtemps la piété et la foi T et qui a constamment prêté ses bons offices aux travaux de l'Eglise , daigne appuyer notre demande auprès du très-clément empereur. Acquittez-vous à cet égard d'une sorte de légation spéciale dont

Tapdtre saint Pierre vous aurait chargée. Disposez l'empereur à nous fournir, avec l'aide de Dieu, les moyens de rétablir l'unité, avant que cette fatale guerre civile ait fait des progrès dans l'Église. Qu'il sache, au surplus, que tout ce qu'une disposition favorable lui aura fait accorder à la liberté catholique servira à augmenter les forces de son Empire.

a Donné le troisième jour avant les ides d'octobre, sous le consulat d'Asterius et de Protogène, personnages clarissimes (1). »

Sainte Pulchérie ne put résister à des lettres si pressantes , émanées d'une autorité qu'elle était habituée à vénérer. Aussitôt qu'elles lui furent parvenues, elle prit la résolution de tenter un dernier effort pour sauver l'Église et l'État. Elle sortit de son heureuse retraite , se rendit à la cour, demanda audience à l'empereur et lui peignit , inspirée par la grâce divine , avec tant de force et d'éloquence, les désordres commis, les perfides conseils qui lui avaient été donnés , la redoutable responsabilité assumée sur sa tête et sur sa couronne , qu'il fut frappé d'une lumière soudaine et prit, pour réparer ses fautes, les mesures que nous avons fait connaître.

Théodose , au moment de mourir, avait appelé Pulchérie, pour l'instruire de la révélation divine qui lui avait désigné le successeur appelé à porter avec elle la couronne impériale. Ce successeur était un vieux séna-* teur, tribun militaire ou colonel d'une légion romaine; son nom était Marcien. Né dans la Thrace, vers Tannée

(1} Bp. xu. — Quemel,

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