‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 109 sur 378 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

toujours accompagnée de si grandes difficultés, et, comme on Ta vu , trop souvent une occasion de troubles, de divisions et de scandales. Cependant, tel n'était pas l'avis de Marcien. En répondant à la lettre du Pape qui avait été adressée à Théodose, Marcien insista sur la convocation d'un concile, invitant saint Léon à le présiderai personne, et lui offrant de le réunir dans la ville et le pays qu'il désignerait. Le 23 avril 451 , le Pape répondit à l'empereur : « Il ne doit pas souffrir qu'on discute le mystère du salut, comme si l'on doutait de ce que l'on doit croire. Il n'est pas permis de s'éloigner par le moindre mot de la doctrine des évangélistes et des apôtres, ni d'entendre autrement les divines Écritures, que nos pères l'ont appris et enseigné, ni, par cotisé- CM, de remuer encore des questions impies que le Saint-Esprit a autrefois éteintes , aussitôt que le démon les a excitées. Il serait trop injuste qu'un petit nombre d'insensés fissent révoquer en doute si Eutychès a eu des sentiments impies, ou si Dioscore a mal jugé. Il n'est point question quelle foi on doit tenir , mais à qui oïl doit pardonner parmi ceux qui reconnaissent leur faute. D remet à s'expliquer touchant le concile par les légats qu'il doit envoyer (1). »

A la même époque , Àbundius et les autres légats re* tinrent à Rome, où ils exposèrent avec exactitude la situation des affaires à la cour impériale -, ils apportaient de nouvelles lettres de Marcien, de Pulchérie et d'Anatole. Dès le commencement du mois de juillet 451 , saint Léon envoya deux autres légats à Constantinopïe, Lucentius, évêque d'Ascoli, et Basile, prêtre, chargés de travailler avec Anatole à la réunion de ceux qui se re-

(1) Ep. LXXX1I,

pendraient sincèrement de s'être laissé entraîner par Dioscore, recommandant de ne les recevoir qu'après un judicieux examen, sans toutefois les ajourner trop longtemps ni user de trop de rigueur. Ces deux nouveaux légats étaient porteurs des réponses du Pape , en date du 7 juin 451 , à Marcien , à Pulchérie et à Anatole. Il écrit à l'empereur : « Quant au concile, votre clémence peut se souvenir que je l'ai demandé moi-même ; mais l'état présent des affaires ne permet en aucune façon d'assembler les évêques de toutes les provinces , parce que celles d'où on doit principalement les appeler (celles d'Occident) sont tellement troublées par les guerres (les invasions des Huns) qu'ils ne peuvent pas quitter leurs églises. Remettez donc à un temps plus propice, quand, par la miséricorde de Dieu, la sûreté publique sera mieux rétablie. »

, Il prie Pulchérie de faire transporter Eutychès loin de Constantinople, dont son monastère était trop voisin , et d'y mettre à sa place un abbé catholique. Il renouvelle à Anatole les mêmes recommandations contenues dans la lettre qu'il lui avait précédemment adresse'e, le 13 avril 451 (1). Une autre lettre de saint Léon à Anatole est intéressante parce qu'elle contient une espèce de certificat que le Pape accordait à deux prêtres, Basile et Jean , qui , soupçonnés d'hérésie , étaient venus à Rome pour rendre compte de leurs opinions au Pape lui-même. Ces deux clercs avaient déclaré devant le Siége-Apostolique qu'ils rejetaient les erreurs de Nestorius et d'Eutychès , et qu'ils ne croyaient , quant à l'Incarnation de Notre-Seigneur, que ce que le Pape enseignait lui-même, par l'inspiration du Saint-Esprit.

(1) Ep. LXIU, LX1V.

Page 1