chapitre vni
de gens inconnus , qui troublaient le concile par leurs cris et leur tumulte. Nous étions en tout cent trentecinq. Il y en eut quarante-deux que Ton fît taire ; les autres étaient Dioscore, Juvénal et cette multitude. Nous restions quinze 5 que pouvions-nous faire? Ils se sont joués de notre sang , ces hérétiques .
Le côté gauche : Nous disons tous la même chose.
Le côté droit : Un chrétien ne craint personne. Apportez du feu , et nous le verrons ! Il n'y aurait point eu de martyrs, s'ils avaient craint les hommes.
Dioscore : Puisqu'ils soutiennent n'avoir pas su ce qui avait été jugé et avoir souscrit à un papier blanc , premièrement ils ne devaient pas souscrire sans être bien informés de ce qu'avait fait le concile , puisqu'il s'agissait de la foi ; mais qui a dressé leurs déclarations? Ordonnez-leur , je vous prie, de le dire.
Sans donner suite à cette question , le sénat fait continuer la lecture des actes. Au moment où le secrétaire nomme Jules , légat du Pape , le côté gauche s'écrie : On Ta chassé ; on n'a point reçu le nom de Léon !
A l'endroit où est prononcé le nom de Flavien , les evêques orthodoxes crient encore : Flavien est entré comme condamné : c'est une oppression manifeste. Pourquoi Flavien n'a-t-il pas pris sa place? Pourquoi ont-ils mis l'évèque de Constantinople le cinquième?
Le légat Pascasin : Vous voyez , grâce à Dieu , que nous mettons le seigneur Anatole le premier, et ils ont mis au cinquième rang le bienheureux Flavien.
Diogène , évêque de Cysique : C'est que vous savez les canons.
Le côte droit : De grâce , mettez dehors les gens mutiles. L'empereur a appelé les évêques 5 ce sont les
évêques qui font le [concile ; pourquoi laisse-t-Qn crier des gens inutiles ?
Théodore de Claudiopolis : Les notaires de Dioscore crient,
Dioscore : Je n'ai que deux notaires ; deux hommes font-ils du tumulte ?
La lecture des actes est encore reprise. On vient à l'endroit où il était dit que les légats du Pape présentèrent sa lettre au concile d'Éphèse, et que Dioscore ayant ordonné de la recevoir, aussitôt le prêtre Jean, promoteur du concile , proposa de lire une lettre de l'empereur, ce qui fut fait par ordre de Juvénal.
Aetius , archidiacre de Constantinople , interrompant : La lettre du très-saint archevêque Léon n'a été ni lue, ni reçue.
Le côté gauche : On ne l'a point lue, on l'eut insérée aux actes.
Eusèbe de Dorylée ; Dioscore a retenu la lettre synodale sans la faire lire.
L'archidiacre Aetius : Il a juré sept fois devant tout le monde de la faire lire , et il s'est parjuré.
Théodore de Claudiopolis : Nous savons tous qu'il a juré , et nous déclarons tous que la lettre n'a point été lue.
Le sénat : Les évêques à qui l'empereur avait donné autorité en cette affaire doivent dire pourquoi la lettre du très-saint archevêque Léon n'a point été lue, attendu principalement qu'il avait été ainsi ordonné.
Dioscore : Les actes font voir que j'ai ordonné deux fois d'en faire la lecture.
Le sénat : Pourquoi donc ne l'a-t-on pas faite? .Dioscore : Qu'on le demande aux autres commisaaires.
CHAPJTAB VIII. 906
ta gjuriT ; Pilas clairement qui vous voulez qu'on interroge.
Dioscow : Juvénai et Thalassius.
Le sénat ; Réponde? le premier, on les interrogera ensuite.
Diû$porb : Je l'ai déjà dit , j'ai ordonné deux fois cçtte lecture.
Eusèbe de Doryi^e : Il ment, Juvbvai* 9 interpelé par le sénat ; Jean , prêtre et jpriwicisr des notaires , dit aussitôt qu'il avait entre les wœ W» lettre de l'empereur , et je répondis qu'on la lut.
Ll&BJUT : Après donc la lettre 4e l'empereur a-tom wlu œlle de l'archevêque Léon?
JpîiIhal : Ni le primipier des notaires , pi personne j'i plus dit qu'il eût entre les mpins la lettre de l'archevêque de Rome.
Thai4$sivp, interpelé par le sénat : Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne l'ai pas empêché, et qUe je n'avais pas assez d'autorité pour ordonner seul cette lecture,
Eusèbe de Dorylée : Je demande qu'Etienne, évéque d'Epbèfrç, soit interrogé sur )a manière dont ses notaires opt été traités par ceux, de Pioscore.
Etienne : Mes notaires écrivaient; les notaires de Diweore vinrent , effacèrent leurs tables , et pensèrent leur rompre les daigt* an voulant leur arracher leurs ^riioirgs. Je n'ai point en copie des actes , et je ne sais ee qu'Us son* devenus.
Agace , évêque d'Âriarathie : Nous avons souscrit un papier blanc, forcés et violentés, et après avoir souffert mille maux. On nous retint jusqu'au soir enfermés dans l'église. Afelades que nous étions, on ne nous laissait
pas respirer. On fit venir des moines et des soldats avec :: des bâtons et des épées. .:
Lecture est faite de la confession de foi d'Eutychès, insérée dans les actes du concile d'Éphèse.
Basile de Séleucie : Nous avons interpelé Eutychès de dire la manière dont s'était faite l'Incarnation -, si le . Verbe est devenu homme par une chair qu'il ait prise; mais on ne reçut pas notre sommation.
Dioscore : Si Eutychès a d'autres sentiments que ceux de l'Église, il est digne du feu. Je ne me soucie que de la foi catholique et non d'aucun homme ; je ne: regarde que Dieu et mon âme.
Basile de Séleucie ayant exposé la foi telle qu'il l'a- , vait professée au concile d'Éphèse , le sénat lui dit avec beaucoup de raison : Après avoir soutenu une doctrine : si orthodoxe , pourquoi avez-vous souscrit à la déposition de Flavien , de sainte mémoire ? ;
Basile de Séleucie : J'étais livré au jugement de cent trente évêques 5 il a bien fallu suivre leur décision.
Dioscore : Vous avez eu tort de souscrire contre votre conscience.
Basile de Séleucie : Si j'avais été devant des magistrats , j'aurais souffert le martyre 5 mais un fils jugé par son père n'a point de défense.
Tous les évêques orthodoxes du côté gauche s'écrient: Nous avons tous failli , nous demandons tous pardon!
Le sénat : Mais vous avez dit que vous aviez été forcés de souscrire sur un papier blanc à la condamnation de Flavien.
Les mêmes eveques : Nous avons tous failli , nous demandons tous pardon !
Thalassius de Césarée , Eusèbe d'Ancyre , Eustathe