‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 118 sur 378 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

de Bérythe s'écrient une troisième fois : Nous avons tous failli , nous demandons tous pardon !

Eusèbe de Dorylée se plaint ensuite de ce qu'on ne l'avait point fait entrer au concile d'Éphèse , quoique ïlavien Peut demandé. Dioscore et Juvénal rejettent la faute sur le comte Elpide , qui avait suivi Tordre de l'empereur.

Le sénat : Ce n'est pas là une excuse , quand il s'agit de la foi.

Dioscore : Puisque vous m'accusez d'avoir violé les canons , comment les à-t-on observés maintenant en faisant entrer Théodoret ?

Le senàt : L'évêque Théodoret est entré comme accusateur ; vous l'avez entendu de sa bouche.

Dioscore : Pourquoi donc est-il assis au rang des évêques ?

Le sénat : L'évêque Eusèbe et l'évêque Théodoret sont assis au rang d'accusateurs , comme vous êtes assis an rang d'accusé.

Lecture est donnée des actes du concile de Constantinople sous Flavien, insérés dans ceux du conciliabule d'Éphèse. Quand on en vient à la lettre de saint Cyrille à Jean d'Antioche , le côté gauche crie : Nous croyons comme Cyrille; la mémoire de Cyrille est éternelle!

Théodoret : Anathème à qui reconnaît deux fils! Nous n'en adorons qu'un : Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique.

Tous les évêques des deux côtés : Nous croyons comme Cyrille ; anathème à qui ne croit pas ainsi !

Le côté gauche : Flavien croyait ainsi ; c'est ce qu'il a défendu ; c'est pour cela qu'il a été déposé ! Eusèbe a déposé Nestôrius ; Dioscore a blessé la foi !

Le côté droit : C'est Dieu qui a déposé Nestorius.

Lr cote gauche ; Léon croit ainsi ; Anatole croit

ainsi!

Le côte droit : Nous croyons tous ainpi !

Le cqte gai/cm : Ainsi pansent l'empereur, le çéoat et tout le monde.

Les jevêques et im sénat, d'uw voix luianima. Ainsi pense l'empereur, ainsi pense l'impératrice, aiqsipenisons~nou& tous !

Le sénat : Et comment avez-vous donc reçu Eutychès qui disait le contraire , et déposé Flfvien çtEusèbe qui soutenaient cette vérité?

Dioscore : Les actes le feront voir»

On lit la remontrance d'Eustathe, évéque 4<? Bérythe, où il disait qu'on ne doit pas croire deux natures eu Jésus-Christ , mais une sente nature incarnée»

Le côte gauche : C'est ce que disent Dioscore et Eu*1 tychès.

Dioscore ; Nous ne disons ni confusion , yi division, ni changement; anathème à qui dit çopfwion, ou changement, ou mélange.

Le sénat ; Que le saint concile déclare si la remonr trance d'Eustathe s'accorde avec les lettre* canoniques de Cyrille,

Mais, prévenant la réponse du conciLa, Eu/stathe s'avance dans le milieu du cercle , et jetant mi livre > il dit: Voilà le livre de Cyrille; qi*'on i'awthém&tise ei moi aussi.

Le côté droit : Ëustathe ? bien dit j il est orthodoxe,

Eustathe récite par cœur ce passage de «#i»i Cyrille : « Il ne faut donc pas entendre deux nature*, mais uoe nature du Verbe incarné. » Puis il ajoute ; Anathème à qui dit une nature pour nier que la çbftir de J&us-

CJUPITBfE VIII.

Christ nous soit consubstantiçlie, et anathème à qui dit dem natures, pour diviser le Fils de Dieu! Je veux aussi parler pour le bienheureux Flavien. Il prit ces paroles toute» seules et les présenta à l'empereur. Faites lire récrit de sa main , afin que le concile voie qu'on a eu raison de le recevoir.

U sbuat ; Pourquoi donc avez-vous déposé Flavien?

Eustàths : J'ai ftilli,

Lecture est donnée de la déclaration que Flavien avait faite de sa foi dans le concile de Constantinople.

U sémat : Quelle est l'opinion des évêques du présent concile ? Flavieni exposant ainsi la foi, conservait-il k religion catholique , ou se trompait-il ?

I* liwr Pàscasip : Flavien, de sainte mémoire, a exposé la foi purement et entièrement} car son exposi*tiaos'accorde avec la lettre de l'évéque de Borne*

Anatole de Constantiuople, le légat Lucemius, Maxime d'Antiocbe 9 Tbalassius de Césarée, Eusèbe d'Ancyre, Eustathe de Bérythe, tous déclarent la doctrine de Flavien orthodoxe et conforme à celle de saint Cyrille.

Tous u# évâQUBI nv çÔT» Givcra : Le martyr Flavien a bien explique la foi.

Dioscore : Lisez le reste de ses paroles , et alors je répondrai. On verra qu'il se contredit et professe deux natures après l'union.

hywjM i» Jérusalem ; Flavien a parlé conformément à Cyrille. Nous demandons qu'on lise le reste pour voir plus clairement sa pensée.

Les évéques de Palestine, siégeant aussi à droite, opinent dans le mêm^ sens,

A ce moment se passe une de ces scènes magnifiques qui réjouissent les anges dans le ciel et font palpiter le cœur des hommes sur la terre.

Dieu , qui agissait dans ce saint concile , fait entrer la vérité et le repentir dans la conscience des évêques qui avaient trahi sa cause. Après avoir justifié la foi du martyr Flavien, le principal chef du parti de Dioscore, Juvénal de Jérusalem , se lève de son siège et , suivi des évêques de Palestine, quitte le côté droit pour venir s'asseoir au côté gauche. Les évêques orthodoxes, pleins de joie, accueillent leurs frères avec les plus vives acclamations : Dieu vous a bien amené, évéque orthodoxe , soyez le bienvenu ! A peine ce premier signal de l'abandon du parti de Dioscore est41 donné ouvertement , que cet exemple entraîne tous ceux qui hésitaient encore.

Pierre , évêque de Corinthe : Je n'ai pas assisté au concile d'Éphèse, car je n'étais pas encore ordonné évêque; mais , par ce qu'on vient de lire, je trouve la doctrine de Flavien conforme à celle de Cyrille.

Après ces paroles, il se lève et passe du côte gauche , dont les membres s'écrient : Pierre croit comme Pierre 5 vous êtes bien venu, évêque orthodoxe. Ce mouvement est suivi par les évêques d'Achaïe, de la Macédoine, de l'ancienne Épire, et même par plusieurs Égyptiens.

Dioscore, se voyant ainsi abandonné : Il est clair que Flavien a été déposé pour avoir soutenu deux natures après l'union. J'ai des passages des Pères , d' Athanase, de Grégoire, de Cyrille, qui déclarent qu'il ne faut pas dire après l'union deux natures , mais une nature incarnée du Verbe. On me chasse avec les Pères.

Cette lecture des actes des conciles de Constantinople et d'Éphèse n'avait lieu qu'afin de constater toutes les manœuvres déloyales et brutales employées pour établir le dogme d'Eutychès et déposer saint Flavien. La suite

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