CHAPITRE VIII
déterminèrent l'énergique opposition des légats à ce vingt-huitième canon. Quand la lecture en est terminée, le légat Lucentius dit , en s'adressant aux magistrats :
Remarquez, premièrement, que les évéques ont été surpris et contraints à souscrire avant qu'on eût écrit les canons dont il est fait mention.
Lesévêques : Personne n'a été contraint.
Lucentius : De plus , ils ont laissé les canons des trois cent dix-huit Pères , et n'ont fait mention que de ceux des cent cinquante , qui ne sont point entre les canons des conciles, et sont faits , dit-on , il y a environ quatre-vingts ans. S'il ont joui de cet avantage pendant un si long temps, que demandent-ils maintenant? S'ils a'enont jamais joui, pourquoi le demandentnils ?
L/Uchidiàcre Aétius , parlant des légats : S'ils ont wn quelque ordre sur cet article , qu'ils le montrent.
Le prêtre Boniface lit cet ordre du Pape saint Léon : « Ne souffrez point que l'ordonnance des Pères soit enfreinte ou diminuée par aucune entreprise. Gardez en tout la dignité de notre personne que vous représentez , # si quelques-uns , se confiant en la splendeur de leurs villes , veulent s'attribuer quelque chose , repoussez-les avec la fermeté convenable. »
Le sénat : Qu'on propose les canons de part et d'autre.
Pascasin lit le sixième canon de Nicée commençant par ces mots : L'Église mmaine a toujours eu la primauté; la suite du canon conserve les privilèges de Rome, d'Alexandrie et d'Antioche, et les droits des métropolitains. Le légat lit ensuite le septième canon , qui conserve à l'évêque de Jérusalem un rang d'honneur sans aucune juridiction. Le secrétaire Constantin
356 SAINT LÉON-LE-GRâND.
donne lecture du décret du concile de Constantinople sous Nestorius, contenant, premièrement, la définition de foi ; puis le canon touchant la hiérarchie , qui confirme la juridiction des évêques d'Alexandrie et d'Àntioche , et des conciles des trois grands diocèses d'Asie, du Pont et de Thrace , et ajoute à la fin que l'évêque de Constantinople aura la prérogative iï honneur après l'évêque de Rome.
Le sénat : Que les évêques des diocèses d'Asie et du Pont, qui ont souscrit à ce qui vient d'être lu, déclarent si c'est de leur bon gré ou par contrainte.
Ils s'avancent au milieu, et Biogène de Cysique dit: J'ai souscrit de bon gré -, je le déclare comme devant Dieu.
Florentius de Sardes et plusieurs autres , au nombre de treize en tout, font la même déclaration.
Le sénat : De ce qui a été fait et dit, nous voyons, premièrement, que la primauté et la prérogative d'honneur doit être conservée , selon les canons , à l'archevêque de l'ancienne Rome ; mais que celui de Constantinople doit avoir les mêmes avantages , et qu'il a droit d'ordonner les métropolitains dans les diocèses d'Asie , du Pont et de Thrace , en cette manière : dans chaque métropole , les clercs , les possesseurs des terres et les hommes constitués en dignité , avec tous les évêques de la province , ou la plus grande partie , feront un décret par lequel ils choisiront celui qu'ils jugeront digne d'être évêque de la métropole. Ils en feront tous le rapport à l'archevêque de Constantinople. Et il sera libre ou de faire venir l'élu pour l'ordonner ici , ou de donner permission pour le faire ordonner dans la province. Quant