‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 156 sur 378 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

croit avoir été évêques dans la province des Alpes maritimes; la seconde, de Ravennius d'Arles et de quarante-trois autres évêques. Salonnius et Véran étaient frères, fils de saint Eucher, depuis évêque de Lyon , et Véran était évêque de Vence. Ces trois évêques remerciaient le Pape de l'instruction qu'il leur avait donnée par sa lettre à Flavien, et lui envoyaient la copie qu'ils en possédaient , le priant de la corriger, afin qu'elle pût être communiquée, non-seulement aux évêques des Gaules , mais encore aux laïcs , qui désiraient la lire et la copier. La lettre synodale des quarante-quatre é vécues est un témoignage magnifique , et de la reconnaissance de la primauté du Saint-Siège , et de l'affection qui unissait au Pape , et en particulier à notre grand saint, tout l'épiscopat; en voici les principaux passages : « En lisant la lettre de votre apostolat , nous avons tressailli de joie , et bientôt nous avons fait tressaillir de même tous ceux qui sont dans les Gaules , en leur communiquant cette instruction. Mais nous nous sommes affligés avec vous sur l'aveuglement de ceux qui abandonnent la lumière de la foi catholique pour s'engager dans les ténèbres de l'erreur. Quiconque ne néglige pas les mystères de la Rédemption , transcrit la lettre de votre apostolat sur les tablettes de son cœur, comme un symbole de la foi , et la grave fidèlement dans sa mémoire pour être plus en état de confondre les hérétiques. C'est à votre doctrine, après Dieu, que le fidèle doit sa constance dans la vraie foi 5 c'est à elle que l'infidèle devra son retour de l'hérésie à la vérité, pour croire et suivre ce que Notre-Seigneur Jésus-Christ enseigne par votre bouche touchant le mystère de son Incarnation , plutôt que ce qui est débité par l'ennemi du salut et de la vérité, le démon. Considérant les grands

biens que notre Dieu a faits à son Église par votre apostolat , nous ne cesserons de le bénir et de le supplier : de le bénir, d'avoir donné un pontife de cette sainteté, de celte foi , de cette doctrine , au Siège apostolique , d'où s'est répandue la source de notre religion ; de le supplier qu'il veuille nous conserver longtemps la grâce de votre pontificat, pour l'édification de ses églises. Enfin , quoique très-inférieurs en mérites , nous sommes prêts avec votre Béatitude , Dieu aidant , à sacrifier nos vies pour la vérité de la foi (1). »

Cette lettre avait été portée à Rome par Ingennus , évêque d'Embrun. Le 1er février 452, saint Léon répond aux évêques de la Gaule , en louant avec effusion leur foi et leur doctrine :

« J'aurais soubaité recevoir vos lettres dans le temps que vous aviez promis , afin que nos frères , que nous avons envoyés au concile , y eussent aussi porté votre déclaration. Aujourd'hui il n'est plus permis d'alléguer aucun prétexte d'ignorance ou d'obscurité sur la foi de l'Incarnation , après la décision d'un concile d'environ s i cents évèques. Nos frères les légats ont si bien fait, que non-seulement les évèques , mais les clercs , le peuple, tous les ordres ont été pleinement persuadés que c'est la foi apostolique que nous prêchons comme nous l'avons reçue, et que nous soutenons, ayant maintenant pour nous le consentement du monde entier. Rendez donc grâces à Dieu , et priez que nos frères reviennent au plus tôt, et que nous puissions vous instruire pleinement de tout ce qui s'est passé. Nous n'avons pas voulu retenir notre frère Ingennus pour les attendre, de peur que vous ignorassiez plus longtemps une si agréable

(1) Quetn., pa#. 288, t. 1.

Page 1