CHAPITRE IX
nouvelle, dont nous vous prions même de faire part à nos frères les évêques d'Espagne. »
Peu de temps après , les légats arrivent à Rome et confirment les renseignements déjà parvenus à saint Léon. Aussitôt il écrit à Rustique , à Ravennius , à Yéneriw et aux autres évêques de la Gaule un court billet pour leur apprendre que la vérité a triomphé , que l'hérésie a été condamnée tout d'une voix avec ses auteurs, et il leur envoie copie de la sentence des légats contre Dioscore (1).
H avait écrit également aux évêques de la province de Milan , comme on le voit par leur lettre synodale en réponse à saint Léon» Ils déclarent qu'ils ont lu dans leur concile la lettre du Pape à Flavien , qu'ils l'ont trouvée conforme aux saintes Écritures, à la doctrine de saint Arubroise et à toute la tradition : c'est pourquoi ils l'ont suivie pour condamner les erreurs contre l'Incarnation. Cette lettre est souscrite par saint Eusebe, évêque de Milan , par saint Maxime de Turin et par dix autres évêques.
Aussitôt que des renseignements exacts et complets sur les résultats du concile furent parvenus à saint Léon par la réception des actes authentiques , il chargea immédiatement l'évêque Julien de Cos de traduire en latin tous les documents grecs. Nous supposons t sans avoir aucune preuve du fait , que la version latine que nous possédons est le travail de ce même Julien. L'Orient et l'Occident étaient dans l' attente de l'accueil qui serait fait par le Pape aux actes et décrets du concile. Jamais circonstance plus solennelle ne s'était présentée où il fut appelé, d'une manière plus décisive, à montrer son opinion sur l'étendue , la dignité et la valeur des droits
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576 SAIJTT LÉOS-U-CAAHD.
de la primauté. En ce qui concerne le dogme, le concile lui-même avait reconnu que le pouvoir de le fixer était inhérent au Siège apostolique, puisque les Pères avaient adopté les définitions du Pape et les avaient déclarées canoniques. Ici pas de difficulté. Hais les décisions du concile au sujet du siège de Constantinople durent attirer toute l'attention du Pape. Afin d'apprécier la conduite qu'il tint dans cette affaire, il faut que nous en examinions de plus près le caractère et l'importance.
Le concile déclare, et cette assertion est très-grave, que sa décision se rattache directement à celle d'un autre concile au sujet des privilèges de l'évêque de Constantinople , qu'il se regarde intimement lié à la tradition sur cette question , comme pour celle du dogme. S' appuyant sur ce précédent , il accorde au siège de Constantinople , agissant dans sa sphère , les mêmes droits de juridiction que le Siège de Rome exerce dans la sienne, et celui-ci est reconnu comme le premier, en ce sens seulement qu'on lui accorde la préséance d'honneur. Dans le système des évêques et d'après leur décision, l'évêque de Constantinople était donc patriarche de l'Orient comme celui de Rome était patriarche de l'Occident. On pouvait tout au plus faire une réserve en faveur du maintien des droits du siège d'Alexandrie, ce qui allait sans dire, puisque le concile de Nicée avait déjà accordé à ce patriarchat des privilèges du même genre.
Il s'agit d'abord de savoir jusqu'à quel point on peut admettre que le vingt-huitième canon de Chalcédoine soit réellement fondé sur une décision antérieure du concile de Constantinople. Ce concile avait, à la vérité, accordé à l'évêque de la nouvelle Rome des privilèges au-dessus des autres, en lui assignant la présidence du