CHAPITRE IX
une part , au moins indirecte , ce fait est incontestable et la preuve en résulte de toutes ses démarches pour assurer l'exécution des décrets du concile concernant la juridiction de son siège. Il se mit en rapport, soit personnellement, soit par des intermédiaires , avec les évêques d'Illyrie , et travailla de toutes ses forces à obtenir leurs signatures pour le vingt-huitième canon 5 mais ses efforts échouèrent contre la loyauté du métropolitain Eurythée , qui avait succédé à Ânastase sur le siège de Thessalonique. Celui-ci ayant envoyé un de ses évéques à Rome, donna immédiatement avis au Pape des intrigues d'Anatole. Mais saint Léon, après avoir fait comprendre à l'évêque de Constantinople combien ses menées sourdes et hostiles étaient iniques et perverses , ne leur opposa plus que le silence et le mépris. Il paraît qu'Anatole sentit vivement ce que ce procédé du Pape avait de blessant pour lui , car il s'en plaignit à Julien de Cos. Celui-ci en instruisit saint Léon et le pria d'écrire à Anatole. Le Pape répondit par un refus, déclarant qu'il voyait bien qu'Anatole ne voulait pas se corriger. A en juger par la conduite ultérieure de l'évêque de Constantinople, ce langage du Pape produisit sur son esprit une profonde impression , et détermina peutêtre le changement qui s'opéra plus tard dans ses dispositions (1).
(1) Voyez ArctKlt, page 333-336.