‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 174 sur 378 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

même enseignement. Mais béni soit notre Dieu, dont la vérité invincible a fait voir, selon le jugement du Siège apostolique , que vous étiez exempt de toute tache d'hérésie ! Vous vous acquitterez dignement de ce que vous devez au Saint-Siège pour tant de travaux qu'il a entrepris , si vous continuez à vous montrer tel que nous vous avons toujours vu jusqu'à ce jour, fidèle défenseur de l'Église universelle. Si Dieu « déjoué tous les artifices des calomniateurs , nous reconnaissons dans cette conduite de la Providence un effet de l'extrême sollicitude de saint Pierre pour nous tous. Après avoir confirme le jugement de son siège dans la définition relative à la foi , ce bienheureux apôtre n'a pas permis qu'il parût rien de répréhensible dans la personne d'aucun d'entre vous , qui vous êtes constitués avec nous les champions de la foi catholique.

Comme nous avons remarqué qu'il est resté dans vos contrées quelques restes des erreurs d'Eutychès et de Nestorius, nous vous engageons à seconder encore à l'avenir les travaux du Siège apostolique ; car telle est notre triste condition , tant que nous sommes dans ce monde : la victoire que notre Seigneur Jésus-Girist a donnée à son Église , peut bien augmenter notre confiance , mais elle ne détruit pas néanmoins toutes nos inquiétudes ; elle ne nous a pas été accordée pour nous endormir, mais pour rendre notre tâche plus agréable et plus douce. Aussi attendons-nous pareillement de votre vigilance que vous voudrez bien favoriser l'exercice de notre administration , en vous empressant d'ins-

truire le Saint-Siège , par des rapports en quelque sorte continuels , des progrès de la doctrine du Seigneur dans vos provinces , afin que nous soyons etl mesure d'assister efficacement les évéques Orientaux , en tout ce que l'utilité commune paraîtra demander. Quant aux tentatives qu'une ambition illicite a fait hasarder dans le concile de Chalcédoine , au mépris de* canons si respectables du Concile de Nicée , nous avons écrit sur ce point à notre frère et à notre Collègue P<5vêque d'Antioche. Nous l'avons aussi entretenu de ce que vous nous avez mandé verbalement par nos légats , au sujet de la témérité de certains moines de Votre payft. Enfin, nous avons arrêté d'une manière spéciale, qu'à l'exception des évéques établis par le Seigneur, personne, soit moine, soit laïque, quelle que puisse être d*ailleur$ sa science ou sa réputation , ne soit assez hardi pour s'attribuer la charge de prédicateur. Quoique nos lettres à cet égard soient adressées nommément à Maxime , s notre frère et notre collègue , comme elles ont été écri-* tes pour .l'utilité de toute l'Église , nous l'avons prié d'en donner connaissance 4 tous les prélats qui dépendent du patriarchat d'Antioclie. Cest par cette raison que nous nous sommes abstenus de vous en donner ici une copie ; car notre frère et notre collègue satisfera , noua n'en doutons pas , k tout ce que nous lui avons enjoint.

Et d'une autre main : Dieu vous conserve la vie et la santé , notre très-cher frère.

Donnée le troisième jour avant les ides de juin , sous le consulat d'Opilion , personnage clarissime. »

GttAPITRB K. 431

Théodoret survécut pendant quelques années encore à ce témoignage éclatant rendu à sa foi -, il mourut vers l'année 458 , laissant une réputation de vertu et dé science qui lui a mérité d'être compté au nombre des plus illustres Pères de l'Église (1).

L'aimée 453 fut encore signalée par la mort de sainte Pulchérie. Elle parut , toute préparée, devant son Dieu, car la mort avait été l'un des principaux sujets de ses méditations journalières * Tout le cours de sa vie fut marqué par une multitude de bonnes œuvres , par des aumônes immenses aux pauvres. Elle les fit héritiers de tous ses biens par son testament , après avoir bâti et richement doté des hôpitaux pour eux, des monastères pour les religieux de l'un et de l'autre sexe , des églises et des monuments d'une rare piété pour tous les fidèles. Parmi les églises , trois surtout se distinguaient par leur magnificence : elles étaient consacrées à la sainte Vierge, Dans Tune d'elles, elle plaça le tableau de la sainte Vierge, peint , suivant la tradition , par saint Luc, L'historien Nicéphore rapporte que l'empereur Marcien demanda à Juvénal de Jérusalem et aux autres évêques de la Palestine qui s'étaient rendus au concile de Chalcédoine, si le corps de la Vierge se trouvait encore dans son tombeau \ ils lui répondirent que , d'après l'ancienne tradition de l'Église de Jérusalem , les apôtres ayant fait ouvrir le sépulcre de la sainte Vierge, trois jours après sa mort , n'avaient point trouvé son corps , mais seulement les bandelettes qui avaient servi à l'envelopper, et qui exhalaient la plus merveilleuse odeur. Marcien et Pulchérie chargèrent Juvénal d'envoyer à Constantinople ce tombeau avec les bandelettes , et ils les placèrent

(l) Voyet page 232 , la rit dt Théodoret.

432 SAINT LÊON-LE-GRÀND.

auprès de l'autel, dans une des trois basiliques bâties en l'honneur de la Mèrfe de Dieu. Germain , évêque dé Constantinople au 8e siècle , entretenait les fidèles de cette gracieuse et touchante tradition : les langes dont le fils de Dieu avait été enveloppé dans son berceau avaient servi à faire les bandelettes qui enveloppaient le corps de la sainte Vierge dans son tombeau (1 ).

Sainte Pulchérie est morte le 40 septembre , jour auquel l'Église honore sa mémoire. Puissent ses vertus de chrétienne et de reine être imitées par les rois et par les peuples ; les uns y gagneront de la gloire et de la sécurité , les autres du repos et du bonheur !

« Qu'est-ce que le Seigneur a de bon et d'excellent à donner à son peuple , sinon le froment des Élus , et le vin qui fait germer les vierges (2) ? »

(1) Serai, de Fatciit Dora ini.

(2) Office parisien du commua des vierftei. — Sainte PultheVie e«t honorée comme vierge.

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