‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 188 sur 378 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

ne craignaient ni la fatigue, ni le chaud, ni le froid , ni la faim , ni la soif; avec leur manière de combattre, l'armée la plus vaillante et la plus aguerrie n'était pas vaincue, mais épuisée et anéantie par des attaques perpétuelles, renouvelées sans cesse avec la rapidité de Téclair. Les historiens nous font connaître les mœurs de ces Barbares et l'impression qu'ils produisirent sur les Romains :

ce Ils creusent les joues des nouveau-nés avec un fer, « afin que les poils de la barbe ne puissent pas croître « dans une chair sillonnée de cicatrices , ce qui leur « donne un air efféminé et les fait ressembler à des eu- « nuques. Ils ont les membres forts et trapus , le cou « gros , le dos rond : en sorte que Ton pourrait les prenne dre pour des animaux sauvages qui marchent sur deux « pattes, ou bien les comparer aux piliers informes d'un « pont. Quoiqu'ils aient la forme humaine, ils mènent « une vie bestiale. Ils n'ont pas besoin de mets préparés « sur le feu et relevés par des épices ; ils se nourrissent « de racines crues et de l'herbe des forêts , auxquelles « ils ajoutent la chair des animaux, qu'ils se contentent « de faire mortifier entre la selle et le dos de leurs che- « vaux. Ils ne se mettent jamais à l'abri d'un toit : une « maison leur fait l'effet d'un tombeau qui les sépare de « la vie commune -, on ne trouve pas même chez eux des « cabanes couvertes de feuillages; mais, parcourant « sans cesse les montagnes, les forêts et les steppes , ils « apprennent , dès les berceau , à supporter la faim , « la soif et toutes les intempéries des saisons. Ce n'est « que forcés par la dernière nécessité qu'ils entrent « dans une habitation, car ils ne s'y croient pas en « sûreté. Leurs vêtements sont faits de toile ou bien de la « peau des animaux. Us n'ont qu'un seul habit, qu'ils

c gardent toujours sur le corps et ne quittent que quand c il tombe en lambeaux. Ils couvrent leur tête de casc ques ronds et leurs épaules velues de peaux de boucs ; «c leurs souliers ne s'attachent pas aux pieds avec des « lanières, de sorte qu'il leur est impossible de marcher c avec aisance : c'est pourquoi ces tribus n'aiment pas à « combattre à pied , mais restent montées sur leurs che~ c vaux, petits, difformes , mais infatigables, et surles- « quels ils sont assis comme s'ils y étaient attachés. Us a se placent de côté, à la manière des femmes, et, dans <c cette posture , ils se livrent à toutes leurs occupations a habituelles : achètent et vendent , mangent et boivent, <* le jour comme la nuit ; penchés sur le cou de leurs « chevaux, ils tombent dans le plus profond sommeil. « Revêtus du costume que nous avons décrit ils se a présentent dans l'assemblée où se traitent les affaires « les plus importantes. Ils n'ont point de rois : ce sont a les principaux d'entre eux qui gouvernent. La plus « légère contradiction leur met les armes à la main , et « ils attaquent leurs ennemis en poussant tous à la fois « des cris épouvantables. Prompts et agiles dans tous 9 leurs mouvements, ils se dispersent, puis ils s'élancent «c de différents côtés sur un seul point , et , après avoir « fait un grand carnage , s'éparpillent de nouveau avec « une incroyable rapidité. Il n'y a point d'ennemis plus % dangereux. De loin, ils lancent des javelots qui, au a lieu d'une pointe de fer, sont armés de plusieurs os « tranchants rassemblés avec un art merveilleux ; de « près, ils se servent de Tépée 5 toujours occupés à atta- « quer, jamais à se défendre ; et quand ils voient leurs « ennemis blessés , ils leur jettent des filets , dans les* « quels ils les enveloppent et les entraînent au galop de « leurs chevaux. IU ue connaissent pas la charrue. Tous

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