‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 19 sur 378 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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d'elle , il partagea la pourpre. Mais Constance mourut , en 41 9, dans le septième mois de son règne. Placidie, qui ne pouvait s'accorder avec son frère , quitta l'Occident, emmenant son fils Valentinien et sa fille , la célèbre Honoria , et alla retrouver ses parents à Constantinople. Peu de temps après , en 423 , Honorius termina un règne de vingt-huit ans , qui , à défaut de gloire , est resté célèbre par d'immenses catastrophes précipitées par une politique lâche et imprévoyante ; cet Empire qu'il avait reçu de Théodose-le-Grand , puissant , respecté , en possession de toutes ses provinces , il le laissa faible , ébranlé , mutilé , épuisé par des malheurs de tout genre et marchant à pas rapides vers sa ruine définitive.

En Orient , Arcadius , toujours le jouet de ses favoris , continuait à exposer à tous les regards sa faiblesse et son inertie , approuvant toutes les exactions et les cruautés de ses courtisans et de ses fonctionnaires. Les Ostrogoths , à qui il avait accordé un établissement en Phrygie , ne tardèrent pas à se soulever , ne pouvant supporter la vie oisive et pacifique qu'ils menaient. Gainas, Goth de naissance , général de ces Barbares que Stilicon avait envoyés pour renverser et tuer Rufin , se réunit à eux , et l'empereur, ne se sentant pas assez fort pour leur résister, entama des négociations , à la suite desquelles une partie des Goths abandonna l'Asie, pour occuper Constantinople même, tandis que la grande masse, conduite par Gainas, s'empressa d'aller prendre possession de la Thrace. Mais les Goths qui étaient restés dans la capitale , ayant excité la colère des habitants par leur avidité effrénée , devinrent les victimes de la fureur populaire. Un autre Goth, Fravita, général des troupes impériales , profita de l'effroi produit par cet événement , pour anéantir aussi l'armée de Gainas. Pen-

dant que les Goths , avec un courage téméraire , travei^ saient THellespont sur des radeaux , Fravita les attaqua avec une flotte bien armée et engloutit le plus grand nombre de ces Barbares dans les flots. Gainas parvint à se sauver avec les débris de son armée , quitta un Empire où il avait éprouvé tant de défaites et traversa les frontières du Nord pour aller s'établir dans les vastes steppes de la Russie méridionale. Mais là il se rencontra avec les Huns qui s'avançaient graduellement et fui tué par leur chef, Uldès , à la fin de l'année 400. Ainsi , toujours et partout des Barbares ; les uns défendent l'Empire romain , d'autres l'attaquent et le ruinent , en attendant que tous se partagent ses dépouilles.

Arcadius, délivré de ce danger, jouit pendant quelque temps , sans trouble , de sa puissance. Son épouse Eudoxie ne tarda pas à le gouverner lui-même avec un pouvoir absolu , et elle s'acquit , par son inimitié contre le grand Chrysostome et par les odieuses persécution* qu'elle lui fit subir, une célébrité qu'elle eût rendue plus digne d'elle en le protégeant. Arcadius était pieux , mais sans fermeté , et sa faiblesse eût été plus visible encore , si le succès obtenu par la destruction des Goths ne lui eût procuré un repos momentané. Le seul ennemi qu'il eût à craindre était Iezdegerde, roi des Perses. La manière dont il s'y prit pour se l'attacher, montre dans cet empereur une prudence à la fois habile et gé~ néreuse , qui couvrirait ses autres infirmités morales , si son règne présentait beaucoup d'actes de ce genre. Comme il sentit les approches de la mort , il voulut assurer le trône à son fils mineur, Théodose ; il lui donna pour tuteur ce même Iezdegerde , l'ennemi le plus dangereux du jeune prince. Touché d'une si grande preuve de confiance , le roi des Perses réalisa les espérances de

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