‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 190 sur 378 · CHAP1TAS XI · texte numérisé non relu

CHAP1TAS XI

t'était emparé d'Amiens. Comme nous l'avons dit , CIchdion mourut en 448, et ses deux fils s'étant divisés, l'un, dont le nom est incertain , passa du côté des Huns, et Vautre, Mérovée, se rallia aux Romains.

Le plan d'Aétius était de réunir tous les Barbares de la Gaule et les tribus franques de la Belgique contre Attila. Le général romain parcourut les contrées habitées par les Visigoths, les Bourguignons et les Francs. Il visita même les campements de peuplades errantes daos la Gaule. Des Tayfales, en Poitou , des Saxons, à Bayeux, des Bréons, dans la Rhétie , des Alains, à Orléans et k Valence, des Sarmates, dispersés dans les provinces, leé Ârtnoriqires, reçurent l'appel d'Aétius. Ayant habilement exploité leurs sentiments de jalousie contre ces toOuveau* venus qui menaçaient de leur enlever leurs conquêtes, le général romain réussit enfin à Organiser une grande confédération de Barbares.

U était temps. Une longue traînée de feu et de sang signalait le passage des Huns. Trêves, saccagée déjà quatre fois par les Francs, est incendiée et décimée. La veille du jour de Pâques, 451 , Meta est pris , tout lé peuple est égorgé , les prêtres massacrés aux pieds des autels , il ne reste debout dans toute la ville qu'un oratoire consacré à saint Etienne; Strasbourg, Mayence, Besançon, Toul , Langres , Reims , Cambrai , Auxerrè Subissent le même sort. A quelles horribles souffrances sont condamnés tous ces peuples qui ont été nos pères ! Saint Jérôme peint à grands traits le tableau de ces ca-

m veut aire lu qne par des érudits, on peut se donner le mérite d écrire Blodio , Jtfeife-tvty, fftbde-tvég; quand on veut être tn par tout le monde, «m écrit tout simytnwn* Ciod**s Memvée » C4mrit, La tradition populaire a consacré celte orthographe , et , après tout , c'est le peuple qui a le pouvoir de nommer. Toutes les protestations des savants de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettre» ne changeront rien à cet i

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lamités de l'invasion : « Des nations innombrables et d'une férocité inouie ont envahi les Gaules entières. Tout l'espace renfermé entre les Alpes et les Pyrénées , compris entre l'Océan et le Rhin , tout cet espace , le Quade , le Vandale , le Sarmate , les Halani , les Ge~ pides, les Hérules, les Saxons, les Burgondiones, les Alemani, les Pannoniens, ô déplorable république ! l'ont affreusement dévasté. Maguntiacum (Mayence) , noble cité jadis, a été prise et ruinée de fond en comble ; on a massacré dans l'église plusieurs milliers d'hommes. Les Vangiones (Vinguori) ont été exterminés, après un long siège. La puissante ville des Rémi (Reims), les Ambiani (Amiens), les Atrebatœ (Arras), les Morini (Belges), les habitants de Tornacus (Tournai), de Németae (Nimègue), d'Argentoratus (Strasbourg) ont été emmenés en Germanie. L'Aquitaine et la Novempopulanie , la province Lugdunaise et la Narbonnaise , tout, excepté quelques villes, tout a été saccagé. Celles que le glaive menace au dehors , la faim les ravage au dedans. Je ne puis , sans verser des pleurs , faire mention de Tolosa , qui n'a dû qu'aux vertus du saint évéque Exupérius de n'être point tombée encore. Les Espagnes elles-mêmes , les Espagnes, sur le point de périr, tremblent chaque jour, au souvenir de l'irruption cimbrique , et ce que d'autres provinces ont une fois enduré , l'appréhension le fait endurer continuellement à celles-ci. Je passe le reste sous silence, de peur que je ne paraisse désespérer delà clémence de Dieu (1). »

Au milieu des innombrables victimes qui , à cette époque , signalèrent le passage des Huns , l'histoire , la tradition , la légende , la liturgie et la piété des peuples

( t) Saint ftréme , Lettres , i. V. — Ed. Collombet et Grégoire.

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