CHAPITRE XII. St
les âmes. En sortant de Milan, des pauvres Tant pour le prier de leur faire une aumône. Il de- 3 à son diacre ce qui lui reste d'argent pour sa se. — Trois écus, répondit le diacre. — Donnez-» es pauvres gens, lui dit le saint. — - Et de quoi vi- -nous? repartit le diacre. —Dieu nourrira , répon-
saint évéque , ceux qui se seront rendus pauvres l'amour de lui : ainsi, donnez toujours à ces panée que vous avez. Le diacre n'obéit qu'en partie, fausse prudence lui fit réserver un écu. Peu de après , un seigneur du pays , qui était malade dans sinage , envoya prier instamment le saint de venir r , ou au moins de l'assister de ses prières , s'il ne lit point se détourner de son chemin. L'homme de , qui considérait toujours comme le meilleur checelui qui le conduisait à quelque bonne œuvre , trouver ce seigneur, demeura trois jours chez lui , tint de la grâce divine sa santé et celle de plusieurs 5s domestiques. Dans sa reconnaissance, le seigneur igea de recevoir deux cents écns pour la dépense de voyage, sachant qu'il n'avait rien. Le saint les mit e les mains de son diacre et lui dit : c Si vous aviez né aux pauvres les trois écus qui nous restaient , ime je vous l'avais commandé , ce seigneur, dont i a voulu se servir pour nous récompenser de notre îône , nous aurait donné trois cents écus au lieu de x cents » Le diacre, qui croyait bien avoir caché
action , vit que Dieu avait révélé au saint la faute
nmise.
)uand Germain fut près de Ravenne , il voulut entrer
idant la nuit dans la ville , pour éviter qu'on ne lui
idît des honneurs -, mais toute sa précaution fut inu-
!. L' évéque de la ville , qui était saint Pierre Chryso-
logue , T impératrice Placidie et son fils l'empereur Valentinien III reçurent le saint avec la plus grande solennité. Tout le clergé , toute la cour et tout le peuple manifestèrent leur joie par les démonstrations les plus expressives. L'impératrice lui envoya , dans la maison où il était descendu, un grand bassin d'argent plein de mets très-délicats , mais sans mélange d'aucune viande. Il donna le bassin d'argent aux pauvres , distribua les mets à ceux qui étaient avec lui , et envoya à l'impératrice , en témoignage de reconnaissance , un pain d'orge sur une assiette de bois. La princesse reçut ce présent avec beaucoup de satisfaction, fit enchâsser l'assiette de bois dans de l'or, et garda le pain d'orge avec lequel elle opéra la guérison de plusieurs malades. L'historien de sa vie , qui fut presque son contemporain , le prêtre Constance, proteste ne rapporter que des faits trèsavérés , et il prend Dieu à témoin qu'il supprime beaucoup d'actions merveilleuses et authentiques , pour être cru plus facilement sur celles qu'il raconte. S'il avait inventé, l'Église manquait-elle à cette époque, comme à toutes les autres , d'ennemis qui avaient intérêt à contester la véracité de l'écrivain et qui pouvaient encore trouver des témoins pour le prendre en flagrant délit de mensonge? Constance rapporte que saint Germain, pendant le séjour qu'il fit à Ravenne, ressuscita un mort, guérit un autre homme du mal caduc , délivra d'une manière toute miraculeuse les prisonniers renfermés dans la prison qui donnait sur la place publique. Voici de quelle manière ce fait est raconté par Constance : Ces malheureux , ayant été avertis du moment où le saint devait passer devant la porte de la prison , se mirent à crier de toutes leurs forces pour implorer son assistance. Ayant été instruit de la cause de ces cris, il eut