‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 202 sur 378 · CHAPITRE xn · texte numérisé non relu

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jur attendri , et Voulut entrer pour les consoler et difier. Mais les geôliers et les gardiens, craignant x\ devait arriver, s'enfuirent ou se cachèrent, au lieu ni ouvrir les portes. Le saint eut recours à ses es ordinaires , espérant obtenir de la bonté de x ce qu'il n'avait point lieu d'attendre de celle des âmes. Il se prosterna à terre, et sa prière faite , les roux et les serrures tombèrent dès qu'il y porta la in. Il fit sortir de la prison tous ces criminels, dont la ipart étaient condamnés à subir le dernier supplice, emmena comme en triomphe, et se rendit au palais ipérial demander leur grâce à Yalentinien. Le prince ; crut pas pouvoir livrer à la rigueur des lois ceux ae Dieu avait si glorieusement délivrés. 11 est facile de croire qu'il eut moins de peine encore obtenir le pardon des peuples de V Armorique , pour esquels il avait entrepris le voyage; mais sonintervenion fut malheureusement rendue inutile par une nouvelle révolte.

Depuis le jour où il était arrivé à Ravenne , on avait toujours vu Germain accompagné de six évêques d'Italie, remplis de tant de vénération pour sa sainteté qu'ils avaient pris la résolution de ne le point quitter pendant le séjour qu'il devait faire en cette ville. Un mois était déjà passé , quand un jour, après l'office du matin , s' entretenant avec les évêques de sujets de religion , il leur dit : « Mes chers frères , je vous recommande mon passage. J'ai cru voir cette nuit Notre- Seigneur qui me donnait la provision pour un voyage , et il m'a déclaré que c'était pour aller dans ma patrie, et recevoir le repos éternel. » Peu de jours après, il tomba malade. À cette nouvelle, toute la ville et la cour furent troublées. L'impératrice Placidie , oubliant son rang et

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«a grandeur, eut des eoins extrêmes du saint et l'illt souvent visiter» Il la pria surtout instamment de permettre que son corps fût porté dans les Gaules et rendu ji sa obère église d'Auaerre. Sa demeure ne desemplis* sait pas , nuit et jour, de la foule des fidèles qui voulaient recevoir ses dernières bénédictions. Le 31 juillet 448 ? qui était le septième jour de sa maladie , son âme quitta la terre pour aller jouir de la gloire que Dieu lui avait préparée. Il avait gouverné son Église pendant trente ans et vingt-cinq jours.

U mourut dans une parfaite pauvreté, comme il avait toujours vécu. L'Empire et l'Église se disputèrent les dépouilles de celte pauvreté, comme tant d'autres s'arrachent les richesses d'une opulente succession. L'impératrice Placidie , à qui le saint n'avait laissé que sa bénédiction, prit son reliquaire ; saint Pierre Chrysôtague, évéque de la ville* se saisit de son camail et de son ci* lice. Un des six évèques qui lui avaient toujours tenu compagnie pendant son séjour dans Ravenné eut soft manteau; deux autres partagèrent sa soutane, et le sixième eut sa ceinture. Chacun marqua son empressement pour contribuer k la pompe de ses funérailles. Acholius, maître de la chambre de l'empereur, Se chargea du soin de faire embaumer son corps, l'impératrice de le revêtir de riches étoffes. L'empereur pourvut à toutes les dépenses du voyage et du transport qu'on devait faire de son corpà , et fit de grands présents à ceux qui étaient venu» avec le saint. Le corps étant arrivé à Plaisance, on le déposa dans l'église aVeé beaucoup de dévotion , pour y passer la nuit. Une dame de la ville, qui était paralytique, obtint la faveur de coucher sur ion cercueil , et le lendemain matin elle se trouva dans une parfaite santé. Depuis les Alpea jusqu'à Autèrre ce

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