CHAPITRE XII
ant pas en sûreté dans leur ville , ils prirent la on de l'abandonner et de se réfugier dans une lieux fortifiée. Geneviève, au contraire, remplie lance dans le Dieu de Judith et d'Esther , resta ;t sans crainte. Elle essaie de communiquer son 3 et son espérance à ses concitoyens, et leur proprotection divine s'ils ont recours aux jeûnes , Leres et aux veilles. Les Parisiens se rendent aux s de la sainte et remplissent les églises. Geneviève ;me , accompagnée d'un certain nombre de feme renferme dans le baptistère public de l'église leanJe-Rond et y passe plusieurs jours dans les zes de la prière et de la pénitence. Cependant les ivancent toujours, ravageant et massacrant ; la teres Parisiens augmente , les exalte et les aveugle , id ingrats et cruels , et les fait tourner contre iève leur rage et leur désespoir. Elle est accusée gie, de sortilège, d'être une fausse prophétesse , ntendre avec les Barbares , et la fureur populaire parait à lui ôter la vie , quand ce crime fut épari nos ancêtres par un événement imprévu. Deux :s auparavant , quand saint Germain était encore à me, il se souvint de Geneviève et voulut , avant de ir, lui faire parvenir des eulogies, présents de *s bénites que les chrétiens des premiers siècles oyaient, en signe d'union et d'amitié ; saint Germain *ea de cette commission l'archidiacre d'Àuxerre. m concours de circonstances que les historiens de e de sainte Geneviève n'expliquent pas , ou plutôt .'expliquent par la protection visible et permanente »ieu sur la sainte , l'archidiacre garda pendant deux Ses les eulogies, et ne vint à Paris qu'après la mort de t Germain. Il arriva précisément à l'heure où le peu-
pie délibérait sur le genre de supplice qu'il ferait souffrir à la sainte, les uns voulant qu'elle fût lapidée, les autres noyée, et d'autres brûlée toute vive. Apprenant la cause de cette agitation populaire, l'archidiacre prend la défense de Geneviève, rappelle les bénédictions qu'elle a reçues de saint Germain, et montre les eulogies qu'il a été chargé d'apporter à la sainte. La grâce de Dieu, le nom du grand évéque changent subitement la disposition des esprits \ et Geneviève est sauvée ! Peu de temps après, les Huns, continuant leur mouvement d'invasion dans les Gaules, se rapprochent de Paris. La future capitale du grand royaume de France se voit à la veille de subir le destin effroyable de Trêves, de Strasbourg, de Metz et de tant d'autres cités $ les habitants redoublent de ferveur dans leurs prières , d'austérité dans leur pénitence ; Geneviève est nuit et jour agenouillée dans les larmes, invoquant la clémence divine pour cette pauvre ville menacée. La terreur planait encore sur tout Paris, quand la nouvelle se répand qu'un désordre imprévu et sans cause connue s'est jeté dans les rangs des Barbares et les a subitement décidés à changer leur marche. Paris est sauvé !
Nos ancêtres n'hésitèrent pas à voir dans ce bonheur inespéré l'action miraculeuse de la Providence, par l'intercession des prières de Geneviève. Depuis cette époque la reconnaissance des peuples ne cessa d'entourer la sainte de vénération et de pieux hommages. Une foule de miracles, accomplis principalement à Paris, à Meaux, à Laon, à Troyes , à Orléans , à Tours, constatèrent k crédit singulier dont Geneviève jouissait auprès du Tout* Puissant.
En 476 , Paris lui dut encore son salut. La ville était assiégée par Childéric, père de Clovis. Geneviève, voyant
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i&ions menaces de la famine , 66 mit k là tête dt [ua Ton avait envoyés chercher des vivres, les acigna jusqu'à Ar<âs-«up-Àube et jusqu'à Troyes,et les Lreuaemeat rentrer dans Paris , malgré la tempête ►saillit les bateaux et malgré les dangers auxquels it exposé de la part des ennemis. Après la prise ville, Childéric, quoique idolâtre, rendit hommage *rtu de Geneviève et fit, à sa prière, plusieurs actes mence. Un jour, ayant ordonné l'exécution de plu- ; criminels condamnés à mort, et craignant que la * ne vînt lui demander leur grâce , il sortit de la commandant qu'on fermât les portes, pour empé~ Geneviève d'arriver jusqu'à lui. Cette précaution découragea pas ; se hâtant de prévenir l'exécution sentence, elle se présenta devant une des portes , "ouvrit , au grand étonnement des gardes , qui la ent fermée. Elle surprit ainsi le chef des Francs , cie put lui refuser la vie des condamnés, eneviève fut associée aux prières et à la gloire de te Clotilde pour la conversion de Clovis. Ce prince t hérité de la vénération de son père pour la sainte, influence de ses vertus contribua au mémorable ngement qui a conquis au catholicisme les vain*urs de la Gaule. Clovis accorda la liberté aux pri*niers et la vie aux criminels toutes les fois qu'elle Tcéda en leur faveur. En 507, le chef des Francs se parait à quitter Paris pour aller combattre les Visihs, lorsque sainte Geneviève lui conseilla de bâtir e église dédiée aux saints apôtres Pierre et Paul , sur grande montagne qui dominait la ville au midi. Clovis nsentit à cette demande , et pendant son absence Cloie fit commencer les constructions. Geneviève ne se utait pas que ce temple dont elle sollicitait la fonda-
tion était destiné à honorer sa mémoire, à recevoir ses restes vénérés , à porter son nom. La sainte mourut le 3 janvier 512 , cinq semaines après Clovis , âgée de 89 ans, vieillesse admirable que n'avaient pu abréger ni les veilles , ni les mortifications continuelles, ni les austérités les plus rigoureuses.
Le culte de sainte Geneviève durera aussi longtemps que le catholicisme et la nationalité française. L'hérésie, une philosophie aussi ennemie de la foi que de la patrie, les révolutions, ont tenté d'arracher du cœur de la France la reconnaissance religieuse et patriotique due à la vierge de Nanterre, mais elle a triomphé de ces nouveaux Barbares comme elle avait triomphé des hordes d'Attila. Le tombeau de la sainte a été violé , ses restes vénérés ont été livrés au feu et jetés aux vents, le temple qui a porté son nom est profané et montre à tous les regards sa coupole découronnée de la Croix, honteux d'être devenu un
monument d'apostasie Mais le temple que le peuple
a élevé dans son cœur à sainte Geneviève est toujours là, inviolable, orné de tous les dons de la piété, embaumé de la bonne odeur des vertus chrétiennes. Le peuple, c'est le catholicisme et la nationalité, et le peuple est resté fidèle à sa patronne ; chaque année, le 3 janvier , fête de sainte Geneviève , une foulé de pèlerins bravent les fatigues d'une longue route, les rigueurs de la saison, pour venir, autour de la pierre qui a contenu le corps de la sainte, renouveler ses vœux de reconnaissance et d'amour, invoquer sa protection pour les besoins , les peines , les souffrances du pèlerin , et tous chantent avec l'Église :
<c Ah! si, tandis que vous étiez sur la terre, Dieu vous « a illustrée par tant de miracles , que ne ferez- vous pas