‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 205 sur 378 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

« maintenant que vous régnez avez les fortunés habitants « du ciel?

« Si vous mettez tant d'empressement à porter avec bonté « des secours aux nations les plus lointaines, aimez à dé- « fendre la France, qui élève vers vous ses regards comme « vers sa patrie mère.

« Éternel époux des vierges, ô Jésus, ne rejetez pas les a prières que Geneviève vous offre pour ses protégés! — « Ainsi soit-il (1). »

La protection de Dieu , obtenue par les prières de sainte Geneviève, ayant éloigné Attila de Paris, le chef des Huns prit la route d'Orléans. L'effroi et le désespoir s'emparèrent des habitants de cette ville. A cette époque, 451 , le siège épiscopal d'Orléans était occupé par saint Agnan, qui fut placé au nombre des plus illustres évêques des Gaules dans ce siècle où brillaient Honorât et Hilaire à Arles , Eucher à Lyon, Germain à Auxerre, Loup à Troyes. Agnan passait pour être né à Vienne, sur le Rhône, de parents nobles. Dès sa première jeunesse il manifesta l'amour que Dieu lui avait inspiré pour la retraite, la vie pénitente et la contemplation des choses célestes. Il abandonna la ville et se retira dans un endroit appelé le Vieux-Château, où il se pratiqua une cellule. Là , s'étant interdit le commerce du monde, il s'occupait jour et nuit à la lecture des livres saints et à la prière. Il fortifiait son âme dans ces pieuses dispositions par les jeûnes fréquents et les longues veilles,

(1) Prose de L'office parisien pour la fête de sainte Geneviève. — Notre plan ne nous a pas permis de donner une vie complète de la sainte , d'ailleurs bien connue , mais seulement les faits qui tiennent à la marche des événements dans notre récit. — La vie de la sainte a été écrite dix-huit ans après sa mort. Voyez l'édition du P. Charpentier ; Bollandus , Tillemoot, Baillet.

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par des macération» et des austérités destinées à soumettre le corps aux volontés de l'intelligence. 9a fortune était consacrée à assister les pauvres et les étrangers. Ceux qui venaient le visiter recevaient les secours spirituels les plus abondants , apprenaient à découvrir les maux de leur cœur et les remèdes propres à les mettre dans la voie du salut. Âgnan passa plusieurs années dans cette retraite, et rien ne fut capable de l'en faire sortir, si ce n'est la réputation de saint Euverte , évêque d'Orléans. La renommée des vertus de ce saint homme décida Agnan à tout quitter pour l'aller trouver et tacher d'obtenir la faveur d'être placé au nombre de ses disciples et même de ses domestiques. Euverte reconnut bientôt le mérite d' Agnan, et après avoir éprouvé sa vertu et sa capacité, il l'ordonna prêtre, puis l'établit abbé de Saint-Laurent-des-Orgerils , dans les faubourgs de la ville. Notre saint donna des preuves si éclatantes de ses progrès dans la perfection spirituelle, que l'évêque ne douta pas qu'Agnan n'eût été envoyé pour devenir son successeur. Afin d'assurer à son église un si digne pasteur, Euverte voulut, avant sa mort, faire élire Agnan. L'année suivante , le 7 septembre 391 , Euverte alla reposer dans le sein de Dieu.

Il y avait soixante ans que saint Agnan était évêque d'Orléans quand les hordes innombrables d'Attila approchèrent de cette ville. Touché des malheurs qui menaçaient son cher troupeau , Agnan , malgré son grand âge , se hâte d'aller trouver à Arles le général Aétius , afin d'obtenir un prompt secours. A peine a-t-il reçu les promesses du général romain , qu'il accourt se renfermer au milieu de son peuple. Peu de jours après , les Barbares mirent le siège devant la ville. Elle était très* mal fortifiée et encore moins en état de se défendre que

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