‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 206 sur 378 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ne l'avaient été Trêves et Metz. Orléans se voit donc infailliblement condamnée à subir le même sort; mais saint Agnan veille et prie. Déjà les murailles croulent sous les coups des machines dirigées par les Huns , la ville retentit des cris désespérés des habitants qui se pressent autour de leur évêque et lui demandent conseil et protection. Saint Agnan , plein de confiance en Dieu, cherche à la faire partager : Priez , dit-il , implorez l'assistance du ciel par vos larmes , et soyez assurés que jamais le Seigneur n'a rendu vaine l'espérance de ceux qui lui restent fidèles. Il s agenouille au pied d'un autel avec la foule et demeure quelque temps en prière; puis 7 a' adressant à ceux qui l'entourent : Allez regarder du haut des murailles si la miséricorde divine n'envoie point à notre secours. — - On revient lui dire que rien n'a été découvert et que personne ne paraît. — Priez encore , priez toujours , répond l'évêque, la journée ne se passera pas sans voir quelques effets de l'assistance divine ; retournez sur les murailles. — Une seconde fois on revient lui apprendre que personne ne paraît. — Cependant la ville est réduite aux dernières extrémités. Les remparts s'écroulent , les cris de triomphe des Barbares se font entendre de plus près L'espérance du

saint reste inébranlable. — Priez encore, s'écrie-t-il 5 demandez avec ferveur : le Seigneur ne tardera pas à vous accorder le secours que vous attendez. — Toute cette population se jette à genoux, redoublant ses larmes et ses invocations vers le ciel. Pour la troisième fois, après la plus ardente prière , saint Agnan ordonne d'aller regarder sur les murailles. — On lui annonce qu'une espèce de nuage semble s'élever de terre à l'horizon. —

— C'est le secours du Seigneur, s'écrie le saint vieillard.

— Ce nuage est formé par la poussière que soulève la

marche précipitée des troupes qui arrivent sous la conduite d'Aétius , pour faire lever le siège d'Orléans. Les Barbares ont déjà commencé à envahir la ville, à incendier des maisons, à massacrer des habitants, quand l'armée romaine, soutenue par celle des Visigoths, ayant à leur tête le roi Théodoric et son fils Thorismond , attaque les Huns avec la plus grande vigueur, met la confusion dans leurs rangs , les oblige à battre en retraite et à repasser la Loire.

Saint Agnan ne survécut que deux années à cette glorieuse délivrance de sa ville natale •, il mourut le 17 novembre 453. Le sentiment patriotique n'a pas plus préservé les restes vénérés du saint évéque d'Orléans que ceux de la libératrice de Paris, sainte Geneviève. En 1562, des Français protestants s'étant rendus maîtres de la ville d'Orléans, forcèrent l'église où reposaient les reliques de saint Agnan , brisèrent la châsse dont ils pillèrent les richesses , brûlèrent les ossements et en jetèrent la cendre aux vents (1). Les Huns ont été vengés de leur défaite par les fils d'un des libérateurs de la France. Générations nouvelles du dix-neuvième siècle , restons fidèles à la foi catholique , si nous voulons rester fidèles au respect des gloires de la patrie|!

Chassés d'Orléans , Attila et ses bandes féroces arrivent devant Troy es, impatients de vengeance, de pillage et de sang. Là encore , ces Barbares et leur terrible chef se trouvent en présence d'un de ces évêques qui , dépositaires de la puissance divine, à eux seuls valent les armées les plus formidables. Cet évêque est saint Loup, le compagnon de saint Germain d'Auxerre dans son

(l) Voyez Grégoire de Tours, liv. II , chap.Jvn. — Eaillet ei l'office parisien, au 17 novembre.

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