CHAPITRE XII
dans son église , où il mourut , le 29 juillet 478 , ayant glorieusement occupé son siège épiscopal pendant cinquante-deux années (1).
Disons avec l'Église de Paris : ce 0 Dieu , qui avez « fait de saint Loup un défenseur intrépide de la foi , (( accordez-nous > par la vertu de ses mérites , la grâce c de conserver toujours ardemment cette foi et de la a défendre avec courage. »
Des évéques n'étaient pas seuls à remplir, dans ce siècle de troubles et de ruines , ce magnifique rôle de défenseurs de l'humanité souffrante. Nous voyons de simples prêtres s'élever, par leurs vertus et leurs talents, à ce patronage suprême. J'ai nommé le prêtre Constance, auteur de la vie de saint Germain d'Àuxerre. Un des plus jeunes contemporains de saint Léon , saint Sidoine Apollinaire , nous fait connaître les qualités éminentes de Constance , la haute influence que lui donnaient sa charité , sa piété , ses connaissances , son dévouement. 11 fut appelé à exercer cette influence dans une circonstance où la capitale de l'Auvergne eut à subir tout à la fois les ravages des Barbares et les désastres de la guerre civile. Après un long siège , la ville de Clermont , dont saint Sidoine Apollinaire était alors évéque, fut détruite, décimée, abandonnée par ses habitants. L'effroi et la liscorde ajoutaient encore à tous les malheurs et en reardaient la réparation. Saint Sidoine envoie chercher ;on ami le prêtre Constance , et la lettre suivante de l'é-
(l) Voyez pour la vie de saint Loup et les événements contemporains : Tancienne te du saint écrite «a sixième siècle , reproduite dans l'édition de la tm des saints ar Surius; les lettres plus haut citées de Sidoine Apollinaire; la chronique de îiut Prosper; la fie de saint Germain , par le prêtre Constance; Jornandès, Hist. es Goths; Y Hist. d Angleterre , par Bède; Ceillier, t. XV ; Tillemont, t. XVI; ui'gnes, Hist. des Huns; Baille! , au 29 juillet; Godescarcl, au 24 juillet; l'Office arisien , au 29 juillet.
vëque de Clermont est un témoignage et des grands services rendus par Constance , et de la reconnaissance de toute l'Auvergne.
« Sidonius à son cher Constantius, salut.
a Le peuple Arverne te salue , lui dont tu as rempli les humbles chaumières de ta noble présence , sans une escorte ambitieuse, mais entouré de l'affection publique. Bon Dieu ! quelle fut la joie de nos malheureux citoyens, lorsque tu portas ton pied sacré dans leurs murs à demi détruits. Comme on voyait se presser en foule autour de toi tous les rangs, tous les sexes, tous les âges ! Comme tu mettais tes paroles à la portée de tout le monde ! Comme tu parus caressant aux enfants , civil aux jeunes gens et grave à nos vieillards! Combien de larmes tu répandis, comme leur père commun, sur des édifices renversés par l'incendie, et des domiciles à demi consumés par les flammes ! Quelle douleur n'éprouvas-lu pas à la vue de ces champs ensevelis sous des ossements sans sépulture! Avec quelle chaleur, avec quel courage ne les engageas-tu pas à réparer ces ruines ! Bien plus, tu avais trouvé notre ville aussi dépeuplée par les dissensions intérieures que par l'incursion des Barbares ; en conseillant la paix à tous nos concitoyens, tu leur as rendu la concorde; tu les as rendus à leur patrie 5 tes avis les ont également ramenés au sein de leur ville et à des opinions uniformes-, et si les murs te doivent le retour des citoyens, les citoyens te doivent la concorde qui règne parmi eux. Ils pensent tous que tu leur appartiens; ils croient tous t'appartenir aussi; et ce qui fait le comble