CHAPITRE Xm
Saint tfan rt Attila.
Revenez au Seigneur ; coroprenes les merveilles qu'il a daigné opérer parmi nous , ec n'attribuez pas notre délivrance à t'influence des étoiles , comme le pensent les impies, mais à la miséricorde ineffable du Dieu tout-puissant, qui a bien voulu adoucir les cœurs farouches des Barbares.
Saint Léotr, 81* sermon.
Invasion d'A'tila en Italie. — Siège et prise d'Aquilée. — Fondation de Venise. — Marche d'Attila vers Home. — La ville abandonnée par le gouvernement romain. — Tout le peuple réclame l'intervention du Pape. — L'Italie, l'Occident et la civilisation chrétienne sont menacés. — Entrevue de saint Léon et d'Attila. — Retraite miraculeuse du chef des Huns. — Tradition de l'apparition de saint Pierre et de saint Paul. — Homélie de saint Léon sur la délivrance de Rome. — Caractère providentiel de cette délivrance. — Tableau de Bapbaêl au Vatican. — Bas-relief d'Algardi. — Mort d'Attila , d'Aclius cl da Valentinien.
Les tièdes vapeurs du printemps de Tannée 452 adoucissent les rigueurs de l'hiver, fondent les neiges, rétablissent la verdure dans les plaines du Danube, rendent t. ii. 6
avec un enthousiasmé d'autant plus vif qu'elle venait d'échapper à un danger plus imminent. Le Pape près* crivit aussitôt des prières publiques pour remercier Dieu (1) -, mais ce peuple léger, ingrat et corrompu , après quelques jours consacrés à ces témoignages de reconnaissance , se précipite avec plus de fureur au* jeux du cirque , aux théâtres , à la débauche. L'empfr* reur Valentinien donne l'exemple de cette dégradation par les actes de l'immoralité la plus révoltante. Les beaux esprits du temps , pour se dispenser de rendre grâces à Dieu et à ses saints de la retraite d'Attila » attribuaient le succès de l'ambassade de saint Léon à l'influence salutaire des étoiles. Le ôoeur du Pontife est profondément affligé à la vue de ces désordres et de cette coupable ingratitude. Le jour de la fête des apôtres saint Pierre et saint Paul étant venu , saint Léon prononça devant le peuple cette homélie , avec les accents de la douleur la plus expressive et d'une sévérité adoucie par une tendresse toute paternelle :
« Mes bien-aimés , la solennité religieuse établie à l'occasion du jour de notre délivrance, où toute la multitude des fidèles affluait à l'envi pour rendre grâces à Dieu , a été en dernier lieu presque universellement négligée : c'est un fait qu'a mis en évidence le petit nombre même de ceux qui ont assisté à cette sainte cérémonie : un abandon si général a jeté dans mon cœur une profonde tristesse et l'a pénétré des plus vives appréhensions. Car il y a beaucoup de danger pour les
(1) 81e serm. — Qucsnel.