‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 225 sur 378 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

jamais fonder aucun établissement durable. Sous oe rapport , Àlaric et les Yisigoths possédèrent une grande supériorité sur la race des Huns. Attila retenait dans une subordination forcée une foule de peuples divers qui , après sa mort, se débandèrent, se divisèrent et subirent des destinées différentes.

Aétius et Valentinien suivent de près Attila. Le général et l'empereur romain sont assassinés au milieu de scènes de débauche , d'intrigue et de violence. Cette civilisation et la Barbarie se valent, mènent la mente vie et font la même fin. On ne traverse ces siècles d'anarchie qu'en nageant dans le sang.

A la cour de Valentinien vivait un sénateur nommé Petronius Maxime ; il était marié à une femme parfaitement belle , mais très-vertueuse. L'empereur voulut en faire la victime de sa luxure, comme de tant d'autres femmes de la noblesse et du peuple. Tous les moyens de séduction et d'intimidation ayant échoué auprès de la chaste épouse de Maxime , Valentinien résolut d'en»» ployer la violence. Uu jour, après avoir joué aux dés avec Maxime , il lui gagna tout son argent et jusqu'à son anneau, Dès qu'il le posséda entre les mains , il l'envoya à la femme de Maxime et lui fit dire , de sa part , qu'elle vînt à l'heure même, parler à l'impératrice. Sans aucune défiance, elle se rendit aussitôt au palais, où des affidés de Valentinien la conduisirent dans une chambre écartée du quartier des femmes. L'empereur était là , guettant sa proie , et il eut la gloire d'emporter de force l'honneur de cette femme. La malheureuse croyait son mari complice de cette infamie \ étant retournée dans sa maison, elle reprocha à son époux, avec énergie et désespoir, d'avoir contribué à ce crime. Maxime lui expliqua l'usage que l'empereur avait fait

de l'anneau gagné au jeu, lui conseilla de dissimuler sa douleur et d'attendre l'heure de la vengeance. Un des favoris de Valentinien était l'eunuque Héraclius, grandmaître de la garde-robe. Cet homme ne pouvait supporter la gloire , l'autorité et l'influence d'Aétius retiré à la cour de Ravenne. Maxime, pour exécuter sa vengeance , avait besoin de la mort d'Aétius , qui aurait été un obstacle redoutable pour ses projets. Il exalta donc les sentiments d'inimitié de l'eunuque, lui montra le prochain mariage de Gaudentius , fils du général romain , avec une fille de l'empereur , comme un acheminement à l'usurpation de l'Empire , usurpation qui les priverait tous de leurs honneurs et de leur crédit. Héraclius entretint Valentinien dans les mêmes sentiments , et sut exciter la colère de l'empereur en lui rapportant des paroles imprudentes d'Aétius, prononcées au sujet des retards qu'éprouvait le mariage de son fils. Un jour, Aétius fut appelé au palais ; à peine introduit auprès de l'empereur , Valentinien tira son épée et la plongea dans lé corps du vainqueur d'Attila :

Rome perd en lui seul plus de quatre batailles (1).

Aétius nous est maintenant bien connu. Avec toutes les qualités d'un grand général , il a eu l'ambition et l'esprit d'intrigue qui lui ont fait diriger les armes contre sa patrie. Jaloux de son pouvoir, il ne put supporter aucune renommée à côté de la sienne et entraîna la perte du comte Boniface. Il était de ces hommes dont la capacité supérieure , faute d'être appuyée sur un grand caractère , ne peut ni s'élever au-dessus de l'autorité , ni

(l) Vers de Corneille cUqb Attifa, «— Cet assassinat cul lien en tôt.

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