‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 228 sur 378 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

de calculs astronomiques , cette célébration n'avait pas toujours lieu le même jour dans toute l'Église, quand ces calculs ne se trouvaient pas d'accord entre eux. Ces différences avaient même parfois donné lieu à des disputes. Or, pour éviter, à l'avenir, ces désagréments, et pour assurer dans la pratique une conformité aussi juste que désirable , les prédécesseurs de Léon avaient chargé Tévêque d'Alexandrie de calculer la Pâque, parce que les Égyptiens n'avaient jamais cessé de passer pour être savants astronomes. La mission des évêques d'Alexandrie était donc de faire connaître au Pape les jours qu'ils avaient trouvés, et la solennité de l'Église se réglait d'après leur calcul. L'évêque Théophile d'Alexandrie avait calculé la Pâque pour cent années , à compter du premier consulat de Théodose , Tan 379 de notre ère; 6on calcul est connu sous le nom du cycle centenaire , et , depuis fort longtemps , il servait à régler la célébration de lu fête. L'an 453 , elle était tombée la veille des Ides d'avril; l'an 454, la veille des Nones d'avril, et pour l'an 455 elle était fixée au huitième jour avant les Calendes de mai, c'est-à-dire le 24 avril. Or, cette dernière fixation avait rencontré plusieurs contradicteurs , parce que d'autres calculs , partant du principe que la Pâque ne pouvait tomber qu'entre le onzième jour avant les Calendes d'avril et le douzième avant les Calendes de mai , l'avaient fixée pour cette année 455 au quinzième jour avant les Calendes de mai. Le Pape n'ignorait pas cette diversité d'opinions, et il s'était même, dans l'origine , décide pour la dernière. Mais avant de prendre une résolution définitive , il jugea nécessaire de faire examiner encore une fois la question à fond , et il en chargea Paschasin de Lilybée , celui qui avait présidé le concile de Chalcédoine , person«-

116 SAINT LKON-LE-GlUNb.

nage très-versé dans les matières de ce genre. Déjà précédemment , lorsque des discussions semblables se furent élevées sur la célébration de la Pâque de l'an 444, il avait donné son avis , et prouvé l'étendue de ses connaissances. Mais afin que cet examen fût aussi exact et aussi complet que possible , le Pape s'adressa en même temps à l'empereur , pour qu'il fît faire , de son côté, des recherches par des personnes compétentes. Le légat du Saint-Siège à la cour impériale , Julien de Cos, reçut aussi une mission semblable. Tant d'efforts réunis ne purent manquer de conduire à la vérité, et il fut décidé qu'il n'y avait aucune objection à faire contre les anciennes observations d'Alexandrie , et que, d'après les règles suivies jusqu'à ce jour , Pâques tombait en effet le huitième.jour avant les Calendes de mai. L'empereur s'empressa de communiquer ce résultat au Pape, et quoique les calculs romains indiquassent le quinzième jour, saint Léon, pour ne pas troubler, ïnême à cet égard , l'unité de l'Église , céda , et il donna l'ordre aux évêques d'Occident de célébrer la Pâque le huitième jour des Calendes de mai (le 24 avril). Le Pape saisit cette occasion pour engager les clercs de l'Occident qui , dans ce siècle, s'occupaient moins que les Orientaux des études nécessaires pour se livrer à de pareils calculs , il les engagea , disons-nous , à s'y exercer avec plus d'ardeur. Et pour leur donner sur-lechamp un exemple à imiter, il chargea Prosper d'Aquitaine, qui , intimement lié avec le Pape, vivait à cette époque à Rome , de calculer un cycle pascal. Il confia à Hilaire , qui occupait sous saint Léon le poste important d'archidiacre de l'Église de Rome, et qui devint Pape, le soin de diriger tout ce qui avait rapport à cette affaire. Les travaux publiés par d'autres ecclésiastiques

Page 1