‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 240 sur 378 · CHAPITRÉ XV · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ XV

étaient pas exactement instruits, lui en avaient donné quelques vagues avis , mais le premier rapport complet et authentique lui parvint dans une lettre d'Anatole , qui lui envoya , par la même occasion , la circulaire de l'empereur, écrite à l'occasion de son avènement, document que le Pape n'avait pas encore reçu; Anatole le priait instamment de s'adresser sans retard à l'empereur pour l'engager à employer sa puissante intervention, afin d'apaiser les graves désordres qui agitaient ce malheureux pays. Il est probable qu'Anatole prévint en même temps saint Léon que l'empereur, soit de son propre mouvement, soit par des instigations étrangères, n'était pas éloigné de l'idée de convoquer un autre concile , pour y soumettre les matières de foi à un nouvel examen. Le Pape, qui comprenait l'importance de cette communication , s'empressa d'écrire à l'empereur une lettre par laquelle il le conjure , de la manière la plus instante , de mettre un terme à la triste situation de l'Église d'Alexandrie, d'y rétablir la liberté chrétienne et la foi catholique ; opprimées par la tyrannie d'Élure, et de lui donner un nouvel évéque légitimement sacré. Mais , ce dont il supplie par-dessus tout l'empereur , c'est de maintenir intacte l'autorité du concile de Chalcédoine, et de refuser tout nouvel examen de ce qui a été décidé au sujet de la foi dans cette assemblée. En y réfléchissant , on reconnaîtra que cette der^nière demande était aussi juste que nécessaire. Le concile de Chalcédoine est, sous tous les rapports, un concile œcuménique et reconnu comme tel. Les dogmes sur lesquels on se disputait, avaient été fixés d'une manière satisfaisante par le Pape et le concile , et les soumettre à un nouvel examen , c'était vouloir rejeter arbitrairement l'autorité de toute assemblée générale de

l'Église; on pouvait donc facilement prévoir que le parti opposé à cette autorité ne manquerait pas de s'emparer toujours du faux prétexte de faire briller la vérité d'un nouvel éclat , pour faire examiner encore une fois ce qui était déjà décidé , afin d'assurer ainsi le rejet tacite du concile de Ghalcédoine.

Ces considérations frappèrent vivement l'esprit de saint Léon et lui donnèrent l'occasion et le droit de s'opposer de toutes ses forces à une entreprise de ce. genre. Il le fit immédiatement, avec son énergie accoutumée, et prit, suivant sa coutume , de larges mesures pour arrêter le mal dans toutes ses ramifications. Il commença par exiger d'Anatole qu'il appuyât de toutes ses forces ses réclamations auprès de l'empereur; et comme il avait plus que jamais besoin d'un représentant plein de vigueur et de zèle auprès de la cour impériale , il consentit à ce que Julien de Cos , qui en avait plusieurs fois exprimé le désir, retournât dans son diocèse ; il paraît d'ailleurs que ce légat , depuis quelque temps , ne l'instruisait plus avec la même exactitude qu'auparavant de ce qui se passait. Aétius , dont nous avons déjà eu occasion de parler, fut chargé, à la place de Julien , de veiller aux intérêts du Saint-Siège.

Aétius envoya à saint Léon , sur la situation des affaires en Orient, un rapport qui décida le Pape à écrire aux principaux métropolitains , pour les encourager à rester fermement attaches à la vérité et en union avec la Chaire de saint Pierre pour défendre le concile de Chalcédoine. Il leur fit passer en i&ême temps , par l'entremise d' Aétius, plusieurs lettres qui avaient été envoyées par les évêques d'Occident , dans lesquelles ils protestaient de leur inébranlable attachement aux canons de Chalcçdoine. S#int Léon , par cet exemple , voulait dé-

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