‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 248 sur 378 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

ion d'un nouveau concile. La lettre du Pape, écrite au commencement du mois de décembre 457, développe avec force, aveo une sainte et libre franchise, les considérations suivantes : Depuis le concile de Chalcédoine on ne doit plus rien remettre en question au sujet de la foi ; on doit regarder comme un antéchrist quiconque soumet à un nouvel examen la vérité proclamée par l'Église ; les meurtriers de l'évéque d'Alexandrie ne peuvent gouverner l'Église sans un crime énorme; la requête adressée par les catholiques à l'empereur Léon diffère de la requête qui lui a été présentée par les hérétiques j ceux-ci dévoilent leur hypocrisie , leur mensonge et leur lâcheté. Tous les offices et les mystères de la religion chrétienne ont été interrompus dans la ville d'Alexandrie. Anatole est coupable de lenteur et de né» gligence dam la répression de la propagande hérétique. Voici la traduction de cette lettre , qui fera connaître toute la gravité des questions agitées entre l'Église et le gouvernement impérial :

Léon, évéque, à Léon, empereur.

J'ai reçu avec respect les lettres de Votre Clémence , remplies de la vigueur de la foi et de la lumière de la vérité : je souhaiterais de me conformer à toutes vos vues , même à celle qui fait penser à votre piété que ma présence peut être nécessaire en Orient ; je pourrais me flatter, en effet, d'obtenir un résultat plus satisfaisant, eu conférant en personne avec Votre Majesté. Mais je crçis que vous approuverez de préférence le parti

qu'une raison scrupuleuse m'a déterminé à choisir. Le zèle spirituel et vraiment saint dont vous êtes animé , et qui vous porte à protéger en général la paix de l'Église, vous fera comprendre que rien ne convient mieux à la défense de la foi que de s'attacher à la doctrine qui a été définie d'une manière irréprochable , avec l'assistance et sous l'inspiration du Saint-Esprit, qui en a dicté tous les articles. Or, en faisant la démarche que vous désirez , nous paraîtrions nous-même ébranler des résolutions incontestablement justes , et ruiner , au gré des fauteurs de l'hérésie , des décrets qui ont été acceptés par l'Église universelle. Il semblerait donc qu'au lieu d'être disposés à mettre un ternie aux agitations de l'Eglise, nous voulussions plutôt étendre et éterniser les querelles que les assoupir , en donnant à tout le monde la liberté de se révolter. Après les irapiétés et les désordres du faux synode d'Ephèse, où. par l'attentat inconcevable de Dioscore, la croyance catholique a été rejetée pour faire place aux dogmes pervers d'Eutychès, tous les actes de ce détestable conciliabule ont été abolis par le saint concile deChalcédoine. Cette assemblée , veillant avec soin à l'intégrité de la doctrine divine , n'a voulu conserver aucune opinion qui s'écartât des témoignages donnés par les prophètes et par les apôtres ; et toutefois, gardant un sage tempérament, elle n'a retranché de l'unité de l'Église que les rebelles et les opiniâtres, sans refuser le pardon à aucun de ceux qui se sont repentis. Imitant cet exemple, votre piété se conformera à l'équité et à la religion en ne

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