‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 249 sur 378 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

souffrant pas qu'on attaque désormais ce qui a été établi par des règlements qui sont bien moins l'ouvrage des hommes que de Dieu lui-même; car ceux qui seraient assez hardis pour douter de la réalité du mystère de F Incarnation, deviendraient véritablement dignes de perdre ce don ineffable de la bonté divine.

L'Église universelle étant un rocher solide établi sur la pierre fondamentale, depuis que le premier des apôtres , saint Pierre, a entendu ces paroles, prononcées par la bouche de Notre-Seigneur : Fous êtes pierre , et sur cette piéride je bâtirai mon Église , quel est celui qui osera heurter son inébranlable stabilité , si ce n'est l'Antéchrist ou le diable ? C'est lui qui , persévérant dans sa malice incurable , se sert de vases de colère appropriés à sa fourberie, pour semer les mensonges, sous un faux semblant de vouloir chercher la vérité. Sa fureur déréglée et son impiété aveugle se sont portées à des excès qu'on ne saurait trop mépriser ni éviter avec trop de soin. Les ravages exercés dans la sainte Eglise d'Alexandrie , à l'instigation de cet esprit infernal , ont fait connaître clairement quels étaient les hommes qui demandent qu'on revienne sur les décisions du concile de Chalcédoine. 11 n'a pu nullement arriver que nous ayons exprimé dans ce synode la moindre opinion contraire aux canons du saint concile de Nicée , comme le prétendent mensongèrement les hérétiques, qui feignent de tenir la foi de ce dernier concile. Nos saints et vénérables Pères , réunis à Nicée contre Arius , ont déclaré consubstantielle au Père non pas la chair de Notre-Sei- T. II. 12

gneur, mais bien la divinité du Fils; tandis que, dans le concile de Ghalcédoine , il a été arrêté , contre l'impiété d'Eutychès , que Notre-5eigneur Jésus-Christ avait pris de la substance de la Vierge-Mère un corps réel et semblable au nôtre.

« J'use donc de la liberté de la foi catholique auprès d'un prince très-chrétien et qui mérite à bon droit d'être compté parmi les prédicateurs de Jésus-Christ) je vous exhorte en toute assurance à partager le ministère des Apôtres et des Prophètes : méprisez et repoussez constamment des gens qui se sont privés eux-mêmes du titre de chrétiens ; ne souffrez pas que des meurtriers impies se mêlent de traiter les matières de la foi, par un déguisement sacrilège, eux qui notoirement n'ont d'autre but que de renverser la foi. Notre-Seigneur ayant enrichi votre clémei*ee de si grandes lumières au sujet du mystère de son Incarnation , vous devez vous persuader, sans hésiter, que la puissance royale ne vous a pas été ' confiée seulement pour le gouvernement du monde, mais que vous l'avez reçue principalement pour donner à l'Église les secours dont elle a besoin : vous devez employer votre pouvoir à défendre des règlements aussi légitimes que salutaires , et à rétablir une paix véritable dans les lieux qui ont été troublés , en réprimant des tentatives criminelles, c'est-à-dire en chassant ceux qui ont envahi les droits d' autrui, et en rappelant à son ancienne foi le siège de l'Église d'Alexandrie. La colère de Dieu , apaisée par vos réformes , pardonnera à une ville où la religion était naguère si florissante , les dés-

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