CHAPITRE XV
finies , de peur que nous ne paraissions douter nousmêmes , au gré de ceux dont le sentiment a été condamné , d'une doctrine qui est évidemment en parfaite harmonie avec le texte des Prophètes , des Évangélistes et des Apôtres. Ainsi, s'il se trouve des gens qui refusent leur adhésion à des décrets vraiment émanés du ciel , abandonnons-les à leurs opinions : qu'ils se retirent de l'unité de l'Église , avec le système extravagant qu'ils ont choisi. Car il ne peut se faire en aucune façon que ceux qui osent contester les mystères divins soient en rien unis de communion avec nous. Qu'ils se vantent de leur vaine éloquence, qu'ils mettent leur gloire dans la subtilité de leurs raisonnements ennemis de la foi : pour nous , nous aimons mieux obéir aux préceptes de l'Apôtre , lorsqu'il dit : Prenez garde que personne ne vous surprenne par la philosophie et par des raisonnements vains et trompeurs, selon les traditions des hommes (i). Car, suivant le même apôtre, si je rétablissais de nouveau ce que j'ai détruit, je serais moi-même prévaricateur (2) , et j'encourrais personnellement les punitions qui n'ont pas été seulement portées par l'autorité de l'empereur Marcien , d'heureuse mémoire , mais que j'ai moi-même confirmées et ratifiées par mon propre consentement , parce que , comme vous l'avez dit avec tant de sainteté et d'exactitude, ce qui est parfait nest pas susceptible d'amélioration, et ce qui est plein et entier ne saurait admettre d'accivissement. Ainsi , vénéra-
(1) Coloss., II, Mil.
(2) Galat.,II, xviu.
ble Empereur, comme je sais que vous êtes éclaire de la plus pure lumière de la vérité , que vous ne chancelez dans aucune partie de la foi , mais que , par un discernement saint et-parfait , vous démêlez aisément le bien du mal, et ce qu'il faut accueillir avec faveur de ce qui doit être rejeté avec sévérité, ne pensez pas, je vous en conjure , que mon refus pour tout nouveau dé* bat puisse être envisagé comme une secrète défiance du succès. La circonspection dont je crois devoir user ne met pas seulement à couvert les intérêts de l'Église universelle , elle sert encore à empêcher que votre gloire ne soit obscurcie; ce qui ne manquerait pas d'arriver si, de votre temps et dans votre règne, l'audace des hérétiques paraissait avoir pris de nouvelles forces, tandis que les catholiques verraient leur sûreté troublée plus que jamais.
« En conséquence, bien que je compte beaucoup sur les dispositions intérieures de votre piété, et que j'aperçoive clairement que vous êtes assez instruit, au moyen de l'esprit de Dieu qui habite en vous, sans qu'aucune erreur puisse en imposer à votre foi, je prends à tâche, néanmoins, d'obéir au commandement que vous me faites, d'envoyer quelques-uns de mes frères pour me représenter auprès de vous, comme si j'allais moi-même vous trouver en personne , et pour vous expliquer à fond quelle est la règle de la foi apostolique , quoique , je le répète, vous la connaissiez à merveille. Ces députés vous feront voir et vous prouveront d'une manière détaillée que Ton ne doit point du tout comprendre au nombre