‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 268 sur 378 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

meurtrier impie a chassés de leurs églises , doivent aussi être rappelés par les ordres de Votre Majesté ; les autres personnes que la même malveillance a bannies de leurs demeures , doivent jouir du même bienfait ; afin qu'à l'avenir, délivrés sans retour du bruit fâcheux des désordres et des chicanes , nous puissions nous réjouir pleinement et parfaitement de la grâce de Dieu et du mérite de votre foi. Car, s'il se trouve quelque esprit remuant , assez oublieux de l'espérance chrétienne et de son propre salut , pour oser transgresser, par la moindre dispute , les décrets portés par le saint concile de Chalcédoine , conformément à la doctrine de FEvangile et des Apôtres, et pour ébranler ainsi les décisions même du saint concile de Nicée , nous confondons ce brouillon téméraire avec tous les hérétiques qui ont eu des sentiments impies et détestables touchant l'Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ; nous lui appliquons le même anathème , et nous l'enveloppons dans la même exécration. Nous désirons , en un mot , qu'on ne refuse pas le remède de la pénitence à ceux qui s'amendent, au moyen d'une satisfaction légitime 5 mais nous voulons qu'on laisse subsister contre les rebelles la juste sentence prononcée par le concile.

« Donnée le seizième jour avant les calendes de septembre, sous le consulat des empereurs Léon et Majorien(1). »

(1) QuctncH Ep. cxxmi.

Avec cette lettre de créance , les légats remirent à l'empereur la grande instruction sur la foi dont saint Léon avait annoncé l'envoi dès le 1ep décembre 457. Le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption est exposé de nouveau dans cette instruction avec une précision, une clarté et une éloquence dignes de la fameuse lettre à Flavien et de celle aux moines de la Palestine (1). Je renvoie à la fin du volume ce document , dont l'étendue suspendrait trop longtemps le cours de notre récit.

Les ambassadeurs de saint Léon trouvèrent un grand changement dans la situation des affaires à Constantinople. Anatole était mort dans Tété de cette année 458. Il avait quitté la scène du monde, emportant le regret de n'avoir pu réussir dans ses projets ambitieux de primauté. Sans être doué d'un génie supérieur, Anatole fut cependant le représentant d'un système qui, à cette époque, succombait sous les droits et l'autorité légitime de la Papauté. La constitution du patriarcat , telle qu'elle s'était développée en OVient, avait atteint le plus haut degré de puissance par l'importance dont jouissait, depuis un demi-siècle , le siège de Gonstantinople. Quand le siège d'Alexandrie eut disputé , pendant de longues années , à l'évêque de la nouvelle Rome la suprématie dans l'Église d'Orient; quand Dioscore, par l'hérésie et la violence , ayant usurpé cette suprématie , succomba enfin sous la réprobation universelle de l'Église, la victoire parut assurée au patriarche de la capitale impériale 5 et de même que les évêques d'Occident étaient toujours restés fidèlement attachés au Siège apostolique, dans lequel ils reconnaissaient et respectaient le centre

(1) Quesn., Ep, «xxiv. -«Bail., clxv. —Voir cette lettre à l'appendice du tome II. — La lettre aux moines de la Palestine, à l'appendice du tome I, — I* lettre à Flavien, tome I, page 189.

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