CHAPITRE XVI
Dans cette même lettre aux evêques italiens, on rencontre une autre disposition remarquable concernant la discipline au sujet de la confession , disposition qui est devenue générale et constante. Voici le passage auquel nous faisons allusion : « II faut aussi ex faire cesser cette autre infractionque quelques perce sonnes, comme je l'ai appris, se permettent, par un ce grand abus. On doit désormais s'abstenir, d'une ma-* « nière absolue, de lire publiquement la confession a écrite des pénitents , puisqu'il suffit que le poids de « la conscience se décharge dans le sein du prêtre par a une confession secrète. Car, bien qu il paraisse digne « d'éloges de posséder une foi si abondante que , par « crainte de Dieu , on ne craigne pas de rougir devant c les hommes , néanmoins , comme tous les péchés ne « sont pas de telle nature que ceux qui désirent en faire ce pénitence ne doivent hésiter de les confesser publiât quement, il faut abolir cette coutume , qui ne saurait ce être approuvée , de peur qu'en la conservant , bien ce des gens ne s'éloignent du salutaire remède de la pécr nitence, soit qu'ils en rougissent, soit qu'ils craignent « de faire connaître à leurs ennemis des actions qui les « exposeraient à la rigueur des lois. Il suffit de confesser « ses péchés d'abord à Dieu et puis au prêtre, qui « ajoute ses prières pour les péchés des pénitents. On « pourra décider un plus grand nombre de personnes à « faire pénitence , quand les pécheurs sauront que leurs « fautes ne parviendront point à la connaissance de tout « le peuple. »
Mais il est temps de ramener nos regards vêts l'Orient, où les légats du Pape, secondés par le nouveau patriarche Gennade , parvinrent enfin à affaiblir l'influence des amis de Timothée Élure sur l'empereur. Il se déter-
mina à prendre des mesures plus décisives contre cet hérétique, qui se maintenait toujours dans la possession illégitime du siège d'Alexandrie. L'empereur publia un édit contre lui et envoya à Stilas,'qui commandait ses troupes en Egypte , Tordre d'éloigner Timothée d'Alexandrie, même par la force.
Stilas exécuta l'ordre de l'empereur , et Timothée fut chassé d'Alexandrie , avec son frère Anatole , et exilé en Paphlagonie ; mais avant d'arriver au lieu de son exil , il sut , par les amis qu'il avait conservés à Constantinople , se procurer l'autorisation de se rendre dans la capitale, soit pour se justifier, soit pour implorer la grâce de l'empereur. Aussitôt que le Pape eut appris par Gennade et par ses légats que des mesures décisives avaient, à la vérité, été prises , mais que l'on paraissait toujours disposé à faire quelques concessions à Timothée , il écrivit à l'empereur pour le remercier au nom de l'Église tout entière. Mais afin de prévenir toute tentative nouvelle de l'hérétique pour se maintenir en possession du siège d'Alexandrie , en feignant peut-être de se convertir à la foi catholique , le Pape exhorta l'empereur, avec les plus vives instances, d'achever ce qu'il avait commencé , en donnant l'ordre d'élire immédiatement un nouvel évêque , qui serait exempt de tout soupçon d'eutychianisme, et sincèrement dévoué à la confession catholique ; car il était nécessaire d'enlever à Elure tout espoir de jamais remonter sur un siège dont il s'était montré si indigne. Saint Léon écrivit encore dans le même sens à Gennade , en le priant de ne rien négliger pour presser l'élection d'un nouvel évêque d'Alexandrie. Il l'engage en même temps, dans le cas où Élure viendrait à Constantinople , d'empêcher qui que ce fût , apparemment parmi les mem-