CHAPITRE XVf
l>res du clergé , d'avoir des rapports avec lui , en public ou en particulier, et de s'opposer à toute réunion qui aurait pour but de discuter avec cet hérétique.
Le Pape obtint ce qu'il désirait. Élure ne vint pas à Constantinople 5 peut-être prévoyait-il que ses tentatives demeureraient sans succès. Il se rendit donc au lieu de son exil , à Gangre , où Dioscore avait été avant lui. Il y tint des assemblées schisma tiques, et y excita plus d'une fois des troubles. Ces intrigues étant parvenues à la connaissance de l'empereur, Timothée fut banni dans la Chersonèse , avec Tordre de le soumettre à une rigoureuse surveillance. L'empereur avait prescrit de hâter l'élection d'un nouvel évêque 5 elle eut lieu, et le choix du clergé et du peuple tomba sur Timothée Solophaciole. Dévoué de cœur à la foi catholique, il s'était attiré l'affection générale par la pureté de sa vie et la douceur de son caractère, et il sut si bien conserver l'une et l'autre après son élévation, que ses adversaires eux-mêmes , lorsque plus tard ils recouvrèrent un pouvoir passager, lui dirent : « Quoique tu ne sois pas de « notre communion , nous t'aimons ! »
Vers la fin d'une carrière si remplie, saint Léon eut la joie bien rare de contempler le triomphe de ses luttes et de ses travaux , le rétablissement de l'ordre et de la légalité au sein de l'Eglise d'Orient. Dans les lettres qu'il écrivit au clergé d'Egypte et à Timothée Solophaciole , au sujet de cette élection , on voit éclater cette satisfaction d'un cœur passionné pour la vérité et la justice. Ces lettres, datées du 18 août 460 , sont les dernières qui nous restent de ce grand Pape.