‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 275 sur 378 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

le calendrier romain. Un grand nombre de Papes furent successivement enterrés dans le même endroit , comme pour servir de garde funèbre à saint Léon ; il arriva que le tombeau de notre grand Pontife fut tellement pressé par les rangs multipliés de ces sépulcres , que le sien était entièrement caché , à la fin du septième siècle , époque à laquelle le pape Sergius Ier occupait la Chaire die saint Pierre. Sergius avait une telle vénération pour saint Léon, qu'il ne put souffrir de voir son corps ainsi confondu, et, averti par une révélation particulière , il enleva ses restes insignes du lieu trop obscur où ils reposaient, et les fit transporter plus haut, près de l'autel de saint Pierre. Cette translation ayant eu lieu le 28 juin , jour auquel l'Église célébrait la fête du pape saint Léon II, il est résulté de cette rencontre, pendant plusieurs siècles , une confusion dans le culte de ces deux Pontifes. Sergius éleva à notre Saint un mausolée magnifique , sur lequel il fit graver une épitaphe en vingt vers, qui est parvenue jusqu'à nous (1).

Hujus apostolici primum est hic corpus humatum ,

Quod foret et tumulo dignus in arce Pétri.

Hinc vatura procerumque cohors , quos cernis adesse ,

Membra sub egregia sunt adoperta domo.

Sed dudum ut Pastor magnus Léo septa gregemque

Christicolam servens janitor arcis erat ,

Commonet e tumulo , quod gesserat ipse superstes

Ne lupus insidians vastet ovile Dei.

Testante missi pro recto dograate libri ,

Quos pia corda colunt, quos mala turba timet.

Rugiit et pavida stupuerunt corda ferarum ,

Pastorisque sui jussa sequuntur oves.

(1) Voyez Gruier cl Mabillon , Ânahcl. 111, p. 43.

Hic tamen extremo jacuit sub marmore templi , • Quem jam pontificum plura sepulcra tegunt. Sergius antistes divino impulsus amore •Hune in fronte sacrae transtulit inde domus. Exornans rutilam pretioso marmore tumbam , In quo poscentes mira superna vident.

Et quia praemicuit miris virtutibus olim, Ultima pqntificis gloria major erit.

oc Le corps de -cet homme apostolique est le premier qui ait été enterré dans l'église de Saint-Pierre ; il méritait d'y obtenir un tombeau. Ensuite , une foule de Pontifes et de grands , que vous voyez autour de vous , ont été inhumés dans l'intérieur de cette admirable basilique. Autrefois Léon-le-Grand gardait , comme un pasteur fidèle , l'enceinte de l'église et le troupeau de Jésus-Christ; il était alors, en quelque sorte, le portier du temple. Il nous remet dans l'esprit , du sein de son sépulcre, ce qu'il a fait durant sa vie, en empêchant que le loup ne pénétrât par surprise dans le bercail de Dieu pour le ravager. Nous en avons un témoignage éclatant dans les livres qu'il a composés en faveur du dogme orthodoxe , livres que les âmes pieuses chérissent, et qui épouvantent la tourbe des méchants. H rugit , comme un lion invincible ; les cœurs effrayes des bêtes féroces se glacèrent $ et les brebis suivirent les ordres de leur pasteur. Ce grand homme cependant gisait sous le dernier marbre du temple 5 les tombeaux d'un grand nombre de Papes semblaient déjà le dérober à tous les regards. Le pape Sergius , animé de l'amour divin , le retira de cet endroit obscur, et le plaça sur le devant de l'édifice sacré. Il orna d'un marbre précieux la tombe vénérable, où les suppliants voient accomplir

ouriTfta xiv. Ut

clés merveilles célestes \ et , parce que Léon fit briller jadis dans sa personne des vertus sublimes , la dernier* gloire de ce saint Pontife sera plus grande que celle dont il a joui. »

Au commencement du douzième siècle, le pape Pas* cal II plaça dans le même oratoire, à côté de saint Léon-le-Grand, le corps des papes Léon II , Léon III et Léon IV. Ces quatre corps furent exposés à la vénération des fidèles, le 20 mai 1607, sous le pontificat de Paul Y, quand il les fit transporter dans la nouvelle basilique de Saint-Pierre. Le savant auteur de Rome Sou* termine , Paul Aringhi , nous a donné une très-intéressante description de la cérémonie de cette translation*

c Indépendamment de Léon I" , trois autres saints Léons , Souverains Pontifes , savoir : le second, le troisième et le quatrième Papes de ce nom , avaient été enterrés dans le même oratoire (à droite de la grande abside , près l'autel de saint Pierre , dans l'église de oe bienheureux apôtre). On les y trouva heureusement , Tan de grâce 4607 , le 20 mai, sous le pontificat de Paul Y. Suivant les ordres de ce Pape, les corps des quatre Saints devaient être transportés en même temps dans la nouvelle basilique. L'autel de l'oratoire ayant été abattu, la dépouille mortelle de trois des Bienheureux s'offrit aux yeux des spectateurs, dans un cercueil composé de plaques de tnarhre. Cependant l'un des trois corps était placé dans une bière de bois renfermée au même endroit $ tout le monde jugea que c'était sans doute celui du pape Léon IV, parce qu'il était plus entier que les autres et inoins dégradé. Sous cette urne, et séparée par l'iiiterpositiott d'un pavé de pierre, Ort découvrit aussi une autre bière de bois , éloignée de la

terre par des piquets de fer, laquelle contenait le corps de saint Léon Ier , intact dans toutes ses parties , et revêtu d'ornements pontificaux. Le saint Pontife portait sur la tête une mitre suivant l'usage (1) 5 il était couvert d'une chasuble assez ample , comme le pratiquaient les anciens ; on apercevait ses mains jointes sous la chasuble. Dans la partie supérieure, il était enveloppé du pallium, marque distinctive qui annonce la plénitude de la puissance pontificale. On pouvait encore distinguer les restes du pallium, surtout par deux très-petites croix de couleur rouge et par une aiguille d'or, attachée à une agraffe, qui avait servi à retenir le pallium. Le corps avait en longueur sept palmes et trois quarts. Toutes ces saintes reliques , après avoir reçu le culte de vénération qui leur était dû, furent transportées ensemble, la même année , le 27 mai , comme un trésor d'un prix inestimable , dans la nouvelle basilique , dans la dernière chapelle du bout de l'église qui regarde le midi, et elles y furent religieusement déposées dans un magnifique sarcophage en marbre , travaillé avec la dernière perfection, et orné de sculptures représentant des sujets sacrés , savoir : le corps de saint Léon Ier, dans son ancienne bière de bois , qui était enchâssée dans un cercueil de plomb \ et les corps des trois autres Papes , dans une bière de cyprès , posée sur des piquets de fer, afin que leurs ossements demeurassent entièrement séparés du corps de saint Léon Ier. On appliqua au sarcophage l'inscription suivante , gravée sur une lame de plomb :

Les corps des saints Papes connus sous les noms de Léon Ier, Léon II, Léon III et Léon IV étaient % infiumés

[ y, K rrtlr époque , un bonnet roud fort simple.

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