‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 28 sur 378 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

de son langage rendit ces différences moins sensibles , soit qu'il feignit une orthodoxie qui, en réalité, n'existait pas , il est certain que tant qu'il vécut , il ne donna Ken i aucune de ces discussions , que ses disciples et «es partisans occasionnèrent après sa mort.

la lutte soutenue par Tarianisme , entre la conception abstraite et rationaliste du dogme et de la doctrine traditionnelle de l'Église , se prolongea sous diverses formes, après la défaite de l'hérésie arienne. Ses héritiers et continuateurs furent les Pélagiens et les Nestoriens. An premier aspect , on ne voit aucune affinité entre ces deai hérésies , parce que l'objet dont ils s'occupaient était fort différent $ mais quand on examine le fond de fcurs doctrines, on reconnaît entre elles une conformité qui souvent même se manifeste par des signes extérieurs. Avant de continuer leur histoire , nous devons préciser leur position et leur importance en ce qui concerne l'enseignement général du dogme.

En considérant le symbole de Constantinople comme l'expression véritable et authentique de la doctrine de l'Eglise , au commencement du cinquième siècle , nous en conclurons qu'elle n'avait encore été amenée à définir complètement qu'un seul côté du dogme de la Trinité. L'Eglise avait fixé sa doctrine en ce qui touche l'essence du Fils de Dieu , comme Dieu , et son rapport au Père •, mais le Fils de Dieu est aussi homme, le Verbe s'est fait chair, et l'Église fut conduite à préciser l'es* sence du Fils comme Homme-Dieu, dans son apparition visible comme Sauveur. Cet enseignement se fit dans une suite non interrompue d'explications dogmatiques, commençant par la lutte contre le nestorianisme, continuée contre Eutychès et les Monophysites et terminée contre le monothélisme. L'ouverture de ce

grand débat se présente à l'époque dont nous écrivons l'histoire, et l'Eglise d'Orient fut son principal théâtre. Dans ses phases diverses, le combat du rationalisme contre les opinions de l'Église se manifesta sous une forme différente. Le sujet de la controverse ne fut pas toujours précisément le Sauveur, sa nature et sa personne, mais plutôt l'œuvre de la Rédemption ellemême, surtout quant à la manière dont les hommes s'en appliquaient les mérites , et par conséquent cette question donna lieu à des explications dogmatiques correspondantes. La cause déterminante de cette controverse fut la doctrine de Pelage. Chose remarquable! l'Occident prit toujours une part très-vive aux dissensions religieuses de l'Orient, tandis que celui-ci resta complètement indifférent aux discussions qui s'élevaient en Occident ; on vit surtout une preuve de ce fait dans ce qui se passa à l'occasion des troubles du pélagianisme.

L'Église ne s'était pas encore vue dans l'obligation de formuler son enseignement sur la manière dont l'homme s'approprie l'œuvre de la Rédemption; toutefois , il est facile de prouver que , même avant la fixation du dogme à la suite de l'hérésie de Pelage, l'Église avait toujours reconnu le libre arbitre de l'homme , les conséquences funestes du péché originel et la nécessite de la grâce divine. Mais en l'absence de décisions précises et spéciales , une entière liberté d'opinion existait. Il ne faut donc pas s'étonner si Pelage , moine anglais, et Célestius, son compagnon, qui se trouvaient à Rome au commencement du cinquième siècle , ont pu établir sur les rapports de l'homme avec la Rédemption un système qui , dans les premiers moments , ne rencontra pas de contradicteurs, et qui, plus tard, souleva des discussions longues et violentes.

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