CATALOGUE DES PONTIFES ROMAINS
Pttr saint Léon.
mmm w la basilip n saint-pam.
Avant de puiser l'histoire pontificale dans les chronique» rédU gées autrefois par les notaires du Siège Apostolique, l'intérêt du sujet et la nécessité chronologique nous contraignent de signaler ici un précieux monument, aujourd'hui presque effacé de la terre, mais qui pendant plus de douze siècles présenta aux yeux deft pèlerins de la capitale du monde chrétien , à côté des vénérables effigies des Pontifes des quatre premiers siècles , les années , les mois et les jours de leur siège , inscrits par Tordre de saint Léonle-Grand.
La vénérable basilique de Saint- Paul, construite primitivement à Rome par Constantin , puis reconstruite bientôt sur un plan plus auguste, par les soins successifs de Yalentinien, de Théodose et d'Arcadius , avait dépassé les vingt premières années du dix* neuvième siècle. Seule , et par le plus graud bonheur, étrangère aux divers systèmes de restauration qu'avaient subis , par le laps des siècles, toutes les autres églises de Rome, elle avait pu conserver intactes son antique disposition , ses peintures et les vénérables particularités de sa construction , lorsqu'on 1933 , un horrible incendie la ruina presque en entier. Depuis lors, on sait que le gouvernement pontifical ne cesse de donner ses soins à la réédification de cet auguste édifice , l'une des plus belles gloires fe l'Église romaine ; et, grâce k des efforts non moins éclairés que généreux > Rome possédera de nouveau , restaurée avec le respeét le plus scrupuleux , l'imposante basilique dont lavaient enrichie les premiers empereurs chrétiens.
L'église de Saint-Paul renfermait, entre autres monuments du premier âge du christianisme , une suite de portraits des Papes accompagnés d'inscriptions , ouvrage qui remontait au cinquième siècle. Mais pour suivre ce que nous avons à dire sur cet intéressant sujet , il est nécessaire que le lecteur se fasse une idée de la disposition de la basilique de Saint-Paul et des ouvrages de peinture qui la décoraient.
Ce vaste édifice, précédé d'un portique , s'étendait en cinq nefs jusqu'à l'abside , établie suivant l'usage à l'orient , formant dans cet intervalle une longueur de deux cent quarante pieds. L'abside était séparée de la grande nef par une immense arcade, fameuse dans l'histoire de l'art sous le nom d'Arc-de-Placidie. Sur cette arcade se voyait, en une vaste mosaïque, l'image du Sauveur entourée des vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse , auxquels on avait joint au-dessous les figures de saint Pierre et saint Paul. Une inscription , qui rappelait que l'église Saint-Paul était redevable de ce monument au zèle de saint Léon , aussi bien qu'à la religieuse munificence de Galla-Placidia, fille de Théodose et mère de Valentinien III , se lisait encore presque en entier, bien quelle eût souffert de l'injure du temps , comme la mosaïque ellemême (1).
• Formant un même œuvre avec cette mosaïque dont l'incendie a effacé jusqu'aux dernières traces , des peintures , plus ou moins visibles aujourd'hui , s'étendaient dans toute la grande nef de la basilique. Sur le mur méridional , qui part du côté droit de l'Arcde-Placïdie pour se rendre à la grande façade située à l'occident, on apercevait, peintes à fresque dans de larges encadrements, les histoires de l'Ancien Testament. Le mur septentrional, parallèle à celui-ci , étalait dans toute sa longueur le dessein des événements racontés dans les livres du Nouveau Testament. Audessus , de chaque côté , on découvrait encore de grandes figures en pied , représentant les divers prophètes de l'ancienne Loi ; la suite en était entrecoupée de vastes et nombreuses fenêtres, dont les embrasures montaient presque jusqu'à la charpente de cèdre qui couronnait l'édifice dans toute son étendue, jusqu'au jour où, dévorée par une flamme impitoyable , elle est venue fondre embrasée au pied des colonnes qui supportaient l'œuvre tout entière.
(1) J'ai cilé plu* haut eettc inscription.