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dans la ville de Rome ; il ordonna quatre-vingt-un pré* très et cent quatre-vingt-cinq évéques en divers lieux. On ne rencontre aucune mention de ces ordinations dans le Bréviaire romain , quoique celles des autres papes n'y soient pas oubliées. Dans un manuscrit provenant de la bibliothèque de la famille de Thou , intitule : Suite des évéques de la ville de Rome, depuis saint Pierre jusqu'à Adrien , sous Cltarlernagne , saint Léon est compté pour le quarante-septième pape, et on lit de plus ces paroles : Il fit 7 ordinations, 77 prêtres, 30 diacres, W 5 évéques.
Fleury, dans son excellent petit livre : Les Mœurs des Chrétiens, voulant tracer le tableau de la pompe, de Tordre, du caractère particulier des cérémonies du culte catholique dans les premiers siècles , nous donne cette belle description de la solennité célébrée , la veille de Pâques, par saint Léon :
« Représentons-nous les fidèles de Rome assemblés la veille de Pâques, sous le pape saint Léon, dans la basilique de Latran. Après la bénédiction du feu nouveau , lorsqu'un nombre incroyable de lumières rendait celte sainte nuit aussi belle qu'un beau jour, c'était sans doute un charmant spectacle, de voir cet auguste lieu rempli d'une multitude innombrable de peuple, sans tumulte et sans confusion-, chacun étant placé selon Tâge , le sexe et le rang qu'il tenait dans l'Église. On y regardait, entre autres, ceux qui devaient recevoir le baptême en cette même nuit , et ceux qui, deux jours auparavant, avaient été réconciliés à l'Église après avoir accompli leur pénitence.
« Les yeux étaient frappés de tous côtés par les marbres et les peintures, et par l'éclat de l'argent, de l'or et
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des pierreries qui brillaient sur les vaisseaux sacrés, particulièrement près du saint autel. Le silence de la nuit n'était interrompu que par la lecture des prophéties, distincte et intelligible , et par le cbant des versets qui y sont entremêlés , pour rendre l'une et l'autre plus agréables. Par cette variété, l'âme, frappée tout àla fols de tant de grands et beaux objets, était bien mieux disposée à profiter de ces lectures divines, y étant préparée d'ailleurs par une étude continuelle.
« Quelle était la modestie des diacres et des autres ministres sacrés choisis et élevés par un tel prélat, et servant en sa présence , ou plutôt en la présence de Dieu, que la piété leur rendait toujours sensible! mais quelle était la majesté du Pape lui-même , si vénérable par sa doctrine, son éloquence, son zèle, son courage et toutes ses autres vertus ! Avec quel respect et quelle tendresse de piété prononçait-il sur les fonts sacrés ces prières qu'il avait composées , et que ses successeurs ont trouvées si saintes qu'ils nous les ont conservées dans la suite de douze siècles ! Je ne m'étonne plus si les chrétiens oubliaient en ces occasions le soin de leur corps , et si, après avoir jeûné tout le jour, ils passaient encore toute cette sainte nuit de la Résurrection en veilles et en prières, sans prendre de nourriture que le lendemain (4). »
( I) Mon* dêi chrétiens , troisième partie, a* 4*.