‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 289 sur 378 · animum,fidem catholicam dulci breviloquio confirmant · texte numérisé non relu

animum,fidem catholicam dulci breviloquio confirmant

H) Le Pré spirituel, par Jean Mouchas, moine grec mort en 680. — Euloge» «dont il est question dans celte légende , était patriarche d'Alexandrie et monrut en : , 407» après avoir combattu les hérétiques de son temps.

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5570 SAINT UOIMA+AAND.

née mirum, ignem dwini ornons esse accensum tnpo tore, cum non aliud quam verba ardentia loqueretur, etc. (1) »

Saint Léon, pas plus que TertulKen, saint Jérôme, saint Cyprien, saint Augustin, saint Ambroise, n'a pu échapper entièrement aux défauts littéraires de son siècle : on retrouve dans ses homélies l'abus des antithèses , des jeux de mots et des fleurs de rhétorique j l'uniformité dans la construction des périodes, les mots à effet toujours placés à la fin des phrases, le retour perpétuel des mêmes terminaisons , donnent au discours un certain caractère de monotonie 5 mais ces défauts, qui sont saisis aujourd'hui par la critique, n'étaient pas sensibles au goût des contemporains de saint Léon et n'enlevaient aucune force à l'action de son éloquence. «Saint Léon est enflé, mais il est grand , » dit Fénelon dans ses Dialogues sur FÉbquence; et en signalant les défauts de l'éloquence des Pères de l'Église , il ajoute : c Ce serait juger en petit grammairien, que de n'examiner les Pères que par la langue et le style. Vous savez bien qu'il ne faut pas confondre l'éloquence avec l'élégance et la pureté de la diction. Peut-être même que ces grands hommes, qui avaient des vues plus hautes que les règles communes de l'éloquence, se conformaient au goût du temps pour faire écouter avec plaisir la parole de Dieu, et pour insinuer les vérités de la religion. U faut savoir distinguer ce que le malheur du temps a mis dans ces grands hommes, comme dans tous les autres écrivains de leur siècle, d'avec ce que leur génie et

(1) Trithemius, th script. «xUsUut., p. 74, mtH «n 1510.

CaUMTAB XTIU. ÎT1

leurs sentiments leur fournissaient pour persuader leurs Auditeurs (4). »

Fleury s'exprime avec la même sagesse et la même vérité de critique dans les lignes suivantes , où il parle <de saint Léon :

« Ces saints prédicateurs ( les Pères de l'Église) n'étaient pas des discoureurs oisifs , comme les sophistes qui disputaient dans les écoles profanes , par une mauvaise émulation de se contredire et de raffiner les uns sur les autres , ou qui écrivaient dans leur cabinet pour montrer leur érudition et leur bel esprit : c'était des pasteurs très-occupés d'une infinité d'affaires de charité, entre autres de l'accommodement des différends , qui ne laissaient pas de prêcher très-souvent, pour s'acquitter de la fonction qu'ils regardaient comme la plus essentielle à leur ministère. Car, dans ces premiers siècles , tous les évêques prêchaient , et il n'y avait guère qu'eux qui prêchassent (2). On commença en Orient à faire quelquefois prêcher des prêtres d'un talent extraordinaire, comme Origène , et même des laïcs. Nous voyons en Occident saint Félix prêcher à Noie , n'étant que prêtre , dès le temps des persécutions 5 mais ces exemples étaient si rares, que plusieurs ont regardé saint Jean Chrysostome et saint Augustin comme les premiers à qui les évêques aient confié ce ministère. Toutefois, saint Jérôme blâme la coutume de quelques églises où le prêtre ne parlait point en présence de l'évêque.

c Nos prédicateurs trouvent la plupart des sermons des Pérès bien éloignés de l'idée de prédication qu'ils se

(1) 3« dialogue.

(2) Cette opinion de Flenry confirme celle que j'ai exprimée, tome I, chap. nr, page 105.

272 SAINT LÉOft-LE-CHÀWD.

«ont formée. Ils sont simples, sans art qni paraisse, sans divisions , sans raisonnements subtils , sans éruditions curieuses , quelques-uns sans mouvements , la plupart fort courts. Il est vrai, ces saints évêques ne prétendaient point être orateurs ni faire des harangues ; ils prétendaient parler familièrement, comme des pères à leurs enfants et des maîtres à leurs disciples : c'est pour cela que leurs discours se nommaient homélies en grec, et en latin, sermons, c'est-à-dire entretiens familiers. Ils cherchaient à instruire en expliquant l'Écriture , non par la critique et par les recherches curieuses , comme les grammariens expliquaient Homère ou Virgile dans leurs écoles , mais par la tradition des Pères , pour la confirmation de la foi et la correction des mœurs. Ils cherchaient à émouvoir, non pas tant par la véhémence des figures et l'effort de la déclamation , que par la grandeur des vérités qu'ils prêchaient , par l' autorité de leur charge, leur sainteté personnelle, leur charité (1). « Ils proportionnaient leur style à la portée de leurs auditeurs. Les sermons de saint Augustin sont les plus simples de ses ouvrages : le style en est bien plus coupé et plus facile que celui de ses lettres , parce qu'il prêchait dans une petite ville , à des mariniers , des laboureurs , des marchands. Mais on voit dans ses traité de controverse , particulièrement dans les livres contre Julien , qu'il n'avait pas oublié la rhétorique ? après l'avoir enseignée si longtemps. Au contraire , saint Cyprien , saint Ambroise , saint Léon , qui prêchaient dans de grandes villes , parlent avec plus de pompe et avec plus d'ornement; mais leurs styles sont différents , suivant leur génie particulier et le goût de leurs siècles.

(1) Ce tableau t'applique exactement aux fermons de saint Léon.

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