CHAPITRE XVII
temps en silence , puis le pape saint Léon salue le peuple , et termine la prière en prononçant à haute voix Forai son qui s'appelle collecte, réunion des vœux de tous les fidèles.
A ce moment , saint Léon s'assied sur son trône, qui, placé à l'extrémité de la basilique , est le point central où se se fixent les regards de toute l'assemblée. Car chaque pasteur est l'image visible de Dieu, et, suivant l'expression de saint Paul, le modèle de son troupeau, comme Jésus-Christ était le sien. Les prêtres, assis des deux côtés , à droite et à gauche , dans le demi-cercle de l'abside , entourent saint Léon ; les diacres sont debout.
Un lecteur monte sur l'ambon ou jubé et fait la lecture de l'Ancien Testament, puis du Nouveau , c'est-à-dire des Actes ou des Épi très des Apôtres , car la lecture de l'Evangile était réservée à un prêtre ou à un diacre. Pour rendre ces lectures plus agréables et donner au ! peuple le temps de les méditer, on les entremêle de
* psaumes et d'antiennes.
La lecture est suivie du sermon -, à ce moment l'église
est ouverte à tout le monde , même aux infidèles : c'est
i pourquoi Tévêque, dans son discours, veillait à ne
point parler des mystères , si ce n'est par énigmes com-
i prises des fidèles. Les auditeurs sont assis par ordre:
i les hommes d'un côté , les femmes de l'autre ; les per*
:? sonnes âgées occupent le premier rang. Les pères et les
è mères tiennent devant eux les petits enfants; on les
k, conduisait à l'église s'ils étaient baptisés. Des diacres
{ circulent dans la basilique pour maintenir l'ordre
rendre chacun attentif, empêcher de sommeiller, de
* rire , de causer ou de faire des signes , afin que le si- , lence et la modestie régnent dans toute l'assemblée. Ces
dispositions prises et la lecture de l'Évangile terminée (c'est l'Évangile de la Passion, nous sommes dans un des jours de la Semaine-Sainte) , saint Léon prend la parole :
Vous venez d'entendre, mes chers Frères, dans l'Évangile, le récit de la Passion que Notre-Seigneur Jésus-Christ , Fils de Dieu , a daigné souffrir pour racheter le genre humain. Elle a été suivie de l'effet que Notre-Seigneur avait promis lorsqu'il a dit que, quand il aurait été élevé de la terre , il attirerait tout à lui. Le détail en est fait avec tant de précision et de clarté, qu'il semble aux âmes pieuses qu'en entendant le récit de ces faits, elles en ont été les témoins. L'autorité delà sainte Écriture nous en garantit entièrement la certitude. Tâchons, avec la grâce du Seigneur, de vous donner une intelligence lumineuse de tout ce que celte histoire nous apprend.
Après la révolte du premier homme, qui entraîna avec elle la perte de tout le genre humain, le péché est entré dans le monde et la mort par le péché. Elle a exercé son empire sur tous les hommes, tous ayant péché dans un seul. Depuis ce moment , personne n'aurait pu s'affranchir de la tyrannie du démon. Aucun de nous ne pourrait briser les fers d'une aussi dure captivité. Il n'y a point de réconciliation qui put nous obtenir le pardon ] plus de moyens pour reprendre les droits que nous avions à la vie , si le Fils de Dieu , égal et coéternel à son Pire , n'eût daigné se rendre en même temps fils de l'homme, s'il n'était venu chercher et sauver ce qui