CHAPITRE XVIII
elligence, parce que sa Divinité suffisait pour toutes opérations qui sont du ressort de la raison. Ces îes hérétiques ont eu l'impudence d'assurer qu' une iine partie du Verbe éternel avait été changée en ir -, de sorte qu'une seule erreur, divisée en plusieurs iches , détruisait l'essence même du Verbe , après ir altéré la nature du corps et de l'urne de Notre- ;neur Jésus-Christ.
L y a encore beaucoup d'autres erreurs aussi mons- ?uses que celle-ci, dont je ne parle point pour ne fatiguer votre attention ; mais , en passant sous sice tant de dogmes impies, qui sont liés entre eux par blasphèmes qui leur sont communs, et dont il faut se ;server, je vous avertis, mçs chers Frères , d'être spélement en garde contre l'erreur que Nestorius tenta vain de faire adopter il y a déjà longtemps. Celle Ëutychès , également condamnable, voudrait aussi ntroduire depuis peu. Le premier a osé avancer que bienheureuse vierge Marie n'a été mère que d'un >mme comme les autres, et que dans sa conception, nsi que dans son enfantement, il n'y a eu aucune lion réelle du Verbe avec la chair de l'homme ; en >rie que, suivant lui , le Fils de Dieu ne s'est point ù-même fait fils de l'homme, mais il s'est seulement ni par sa miséricorde avec un homme créé comme ous. Les oreilles catholiques n'ont jamais entendu un pareil langage qu'avec horreur ; elles sont trop bien nstruites par l'Évangile de la vérité , pour ignorer que 0 genre humain n'avait aucune espérance de salut, si
Celui qui a daigné naître fils d'une vierge n'avait été en même temps son créateur.
Le second , auteur d'un nouveau blasphème , a reconnu l'union des deux natures en Jésus-Christ ; mais il a soutenu en même temps que cette union les a réellement confondues , que les deux n'en forment plus qu'une , et que la substance de l'autre est anéantie : ce qui ne pouvait avoir lieu que par la destruction ou par la séparation de l'une ou* de l'autre nature. Ces dogmes sont si contraires à la saine doctrine , qu'ils ne peuvent être admis sans détruire le christianisme. En effet, si l'incarnation du Verbe n'est point une union réelle de la nature divine avec la nature humaine , mais que, dans ce concours , les deux natures aient été réduites à une , il s'ensuit que la Divinité seule est née du sein de la Vierge , que c'est par une fiction apparente et illusoire qu'elle a pris la nourriture et les autres accroisse- • ments propres aux corps mortels ; et , sans parler d'autres changements auquels la nature de l'homme l'assujétit, ce serait donc la Divinité seule qui aurait été crucifiée, qui serait morte, qui aurait été ensevelie; tellement que , suivant cette opinion , l'espérance de la résurrection est détruite-, et Jésus-Christ n'est plus le premier né d'entre les morts , puisqu'il n'a pu ressusciter, si on n'a pu le faire mourir (1).
Voici comment saint Léon applique l'enseignement général sur l'Incarnation à l'enseignement sur la pratique des œuvres de charité :
(1) 8e HoméJifi snrja fête de la Nativlié.