CHAPITRE XVIII
chez donc, mes chers Frères, vous qui courez dans irrière pour remporter le prix d'une récompense lelle , que le démon emploie principalement les ef-
de sa ruse à renverser la foi de ceux dont il ne
corrompre les mœurs. Quiconque se détourne du nin de la vérité, est jeté hors de la voie du salut Le sa course n'est plus qu'un perpétuel égarement, et Oportion qu'il s'éloigne de la foi catholique, il s'ap- ;he de la mort. Nous voyons de nos jours tomher s ce précipice ceux qui se laissent entraîner à la folie îe ancienne erreur, condamnée et détruite depuis ^emps; ils osent nier qu'il y ait deux natures en is-Christ , ou qu'il ait véritablement pris une chair Llable à la nôtre ; ou d'autres disent que sa divinité A transformée dans la chair de l'homme, afin, suit le système de Manès , de détruire la vérité de sa urrection , en ne voulant point reconnaître celle de Passion ; ou , suivant celui d'Apollinaire , de faire ire que la divinité du Verbe, sujette au changement, té passible et capable de souffrir. Penser ainsi, et te-
de pareils discours au peuple chrétien , n'est-ce pas iverser les fondements de notre sainte religion ? C'est ;r que le Fils de Dieu soit en même temps vraiment ; de l'homme. Cependant, c'est en vertu de cette fu- >n des deux natures en Jésus-Christ seul , que la Rémption du genre humain a été opérée. L'ancienne loi
a rendu témoignage. Elle avait été promise par les ophètes, et annoncée par toutes les figures de l'Ancien îstament, afin qu'on ne pût douter que ce grand et
ineffable mystère de la miséricorde de Dieu, qui avait été prédit si souvent et figuré depuis longtemps , ait été accompli dans le temps marqué pour être la consolation et l'espérance de tous les siècles.
Quoique, depuis l'alliance du Verbe avec la chair, il y ait tellement unité de personne dans l'Homme-Dieu, qu'on ne puisse séparer dans aucune de ses actions la vérité des deux natures, rÉvangéliste , pour nous confirmer dans cette foi, a grand soin de nous faire connaître que Celui qu'il appelle le fils de l'Homme est en même temps le Fils de Dieu. Dans les faits qu'il raconte, il y en a qui ont rapport , tantôt à l'humanité , tantôt à la Divinité, pour nous faire comprendre, toujours sous ce nom de fils de l'Homme, la vérité des deux natures -, et aussi dans la crainte qu'en croyant Notre-Seigneur Jésus- Christ vraiment né d'une Vierge, Dieu et homme en même temps, nous ne fissions difficulté de confesser, ou que Dieu se soit uni à l'homme , ou que l'homme fût devenu Dieu, puisqu'il est vrai que le Verbe s'est réellement revêtu de notre chair , et qu'en la prenant , il a conservé toute la gloire de sa majesté.
Il est inutile de s'étendre davantage sur l'Incarnation du Verbe, en ayant parlé dans d'autres instructions. Je vous ai dit ceci à l'occasion de la fête de Pâques, à laquelle nous devons nous préparer par une grande pureté de cœur. Maintenant, mes chers Frères, je vous conjure de ranimer la ferveur de votre dévotion dans ce saint temps, en joignant, au jeûne salutaire, des œuvres de piété qui le sanctifieront 5 par tous vos travaux , inéri-