CHAPITRE XV11I
it la rémission de vos péchés, vous vous rendrez la âne miséricorde favorable, si vous usez aussi d'indulice envers vos serviteurs , en leur pardonnant leurs ites. Pour célébrer avec fruit une si grande fête, il nvient que le peuple de Dieu s'unisse dans un esprit
paix et de concorde, afin que, dans ce moment où la rérité des lois publiques est tempérée par la clémence s princes, les chrétiens, à plus forte raison, se fassent
devoir d'adoucir tous les mouvements de leurs cœurs, le occupation bien digne de vous dans ces jours si mts , est d'employer tous vos soins , afin qu'aucun de s frères ne souffre de la faim ou du froid. Que tous les digents soient soulagés, de crainte que la tristesse ou > chagrins ne les consument, s'ils sont détenus dans les isons , ou s'ils languissent dans les fers. Telles que lissent être les raisons que vous avez de vous croire fensés d'homme à homme, la grandeur du délit n'est >int tant à considérer que le lien de la nature qui nous lit, afin que le jugement rendu envers votre semblable >us rende favorable celui de Dieu, qui vous jugera un ur, et vous fasse obtenir miséricorde ; car il est écrit : ienheureux ceux qui seront miséricordieux, parce qu'ils ront traités avec miséricorde, par la bonté de celui qui t et règne dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il (1).
Saint Léon est inépuisable sur ce texte de la charité et é la miséricorde :
(1) 9Û Homélie pour le Carême.
Que les œuvres de piété fassent nos délices, et nourrissent nos âmes de ces mets qui procurent une vie éternelle et bienheureuse, Que toute notre joie soit dans les soulagements que nous donnerons aux pauvres. Mettons notre plaisir dans les vêtements dont nous couvrons leur nudité, Que les malades ressentent les effets de notre charité ; servons d'appui aux faibles ; adoucissons les ennuis des exilés , soyons les pères des orphelins et la consolation des veuves désolées. Il n'y a aucun de nous, mes Frères, qui ne puisse rendre quelques-uns de ces services -, celui qui a le cœur grand se trouve toujours assez riche pour faire du bien, et le sentiment de compassion ou de piété, qui porte à secourir les malheureux, ne dépend point de la quantité d'argent qu'on donne. Avec peu de fortune , on peut acquérir un grand fonds de mérites dans les richesses d'une bonne volonté. Les riches font de grandes aumônes , à la vérité , et ceux qui n'ont qu'une fortune médiocre, n'en font que de petites. Le fruit qu'ils retirent de leurs bonnes œuvres n'est cependant point différent, lorsque l'affection qui les produit est égale.
Dans ce temps, mes chers Frères, si propre à l'exercice de toutes les vertus , on peut encore se former d'autres couronnes sans diminuer sa bourse , ni vider ses greniers, en renonçant à la mollesse et à l'intempérance ; en réprimant les désirs de la chair par les lois de la chasteté. Si l'amitié prend la place de la haine , si la paix succède aux troubles des inimitiés , si la tranquillité calme les saillies de la colère, si la douceur fait pardon-