CHAPITRE XVIII
r les injures , si les mœurs des maîtres et des dômesues sont si bien réglées , que l'autorité des uns soit ercée avec modération, et que la soumission des au- >s soit accompagnée de piété , ces règles étant fidèle- 3nt observées, vous obtiendrez miséricorde de la bonté
Dieu. L'absolution des péchés commis vous sera acrdée et vous disposera à célébrer saintement la Pâque. s pieux Empereurs romains ont depuis longtemps la mie coutume de relâcher un peu des droits de leur stice , dans ces jours où nous honorons la mémoire de Passion du Seigneur ; et pour lui rendre hommage, ils oucissent la sévérité des lois , en donnant la liberté à usieurs criminels, afin d'imiter ainsi en quelque chose clémence du Dieu dont l'infinie miséricorde a sauvé mivers dans ces jours de salut. Gomment des Chrétiens mrraient-ils hésiter à suivre l'exemple de leurs princes,
à user d'indulgence dans leurs causes particulières , rsqu'ils ont des rois pour modèles de leur conduite ? e serait-il point indécent que les lois privées fussent lus sévères que la loi publique. Ainsi, mes chers Frères, ordonnez toutes les fautes qui peuvent avoir été cornlises contre vous. Brisez les liens de ceux qui en sont larges, et que personne ne conserve le désir de se vener, afin que la sainte solennité qui approche, nous •ouve tous disposés à la célébrer avec joie, et dans des mthnents dignes de la bonté divine qui veut nous trouer purs et sans tache : par les mérites de Notre-Seineur Jésus-Christ , qui vit et règne avec Dieu son père
et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il (1).
Voici en quels termes il exalte la continence et la miséricorde :
Comment pouvoir mieux combattre les tentations qui se succèdent sans cesse , que par la pratique d'une sévère continence ? C'est cette vertu qui conserve, nourrit , augmente et fortifie les opérations de l'âme. Elle est également utile au bien du corps. On en fait tous les jours l'épreuve dans l'Église, où les jeûnes d'institution divine, que la discipline y fait observer, procurent les fruits les plus abondants. Son intention est, en réprimant les appétits de la chair par une salutaire abstinence , de procurer aussi plus de calme aux différents mouvements qui s'élèvent dans l'âme 5 et en privant le corps de quelque nourriture , de rendre Y esprit plus fort contre les attaques des passions : Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés. Les enfants de Dieu ont donc aussi leur nourriture toute spirituelle. Ils jouissent des chastes délices qu'ils recherchent avec empressement, et qu'il est louable de désirer, puisque le prophète nous y invite en disant : Écoutez, et voyez combien le Seigneur est doux! Quiconque d'entre vous, mes chers Frères, aura le bonheur d'éprouver combien la justice et la miséricorde de Dieu , qui sont les deux ressorts de sa providence , se font sentir agréablement à l'âme 5 quiconque aura l'ex-
(I) 2« Homélie pour le Carême.