‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 312 sur 378 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

itms par le grand nombre d'édits dont ils ont été jet de la part des empereurs, orsque les études grammaticales préparatoires étaient ninées , le jeune homme quittait donc sa province, ne s'y trouvait pas d'instituts pour l'enseignement >érîeur, et se rendait à Rome ou bien à Constaiiti- [>le , s'il était originaire de l'Orient. Ces deux villes lient , au cinquième siècle , les deux principaux cen- :s des études scientifiques. A cette époque , Alexanie avait presque entièrement perdu son ancienne nommée ; et Athènes qui , pendant tout le cours du îatrième siècle, jouissait encore d'une grande réputaon et avait été fréquentée par un nombre considérable ' étudiants , tomba dans une décadence complète après i désastreuse invasion d'Alaric. Synésius vit les cours Lu. Lycée abandonnés et les portiques de l'Académie Léserts.

Soit pour professer, soit pour étudier, les formalités l'étaient soumises au contrôle d'aucun corps enseignant; sous ce rapport , la liberté existait $ l'Etat seul intervenait , afin de veiller aux garanties d'ordre et de moralité ; et encore cette intervention ne s'exerçait que dans Rome et dans Byzance ; les villes conservaient toute leur indépendance. Pour être admis dans la capitale impériale à l'instruction supérieure , le jeune homme devait être muni d'un certificat des autorités de son pays natal , attestant sa naissance et l'état de sa fortune. Les autorités qui délivraient ces certificats et qui donnaient ainsi l'autorisation d'exécuter le voyage , étaient les judices provinciales , et les pièces devaient contenir l'indication des oppida hominum et natales et mérita. A Rome, les étudiants étaient soumis aux ma gis tris census , et en déposant les certificats, ils déclaraient à quel genre

d'étude ils comptaient se consacrer. Ils devaient aussi faire connaître leur demeure à ces magistrats composant Yoffècium censiialium, lesquels avaient particulièrement la charge de surveiller la conduite morale et l'assiduité des jeunes gens. Défense sévère était faite à ceuxci de former des associations (consociaûiones, quasproximas putamus esse crimînibus, œstiment fugkndas). 11 ne leur était pas permis non plus d'assister trop souvent aux spectacles , ni de passer les nuits à table (ncve air pétant vulgi intempestwa convivia). Des peines rigoureuses leur étaient infligées lorsque leur conduite tenr dait à rabaisser la dignité de la science. Celui qui se rendait coupable d'excès était frappé en public, embarqué à bord d'un bâtiment et renvoyé dans sa famille. Ceux qui se conduisaient bien avaient le droit de continuer leurs études dans la capitale jusqu'à l'âge de vingt ans. Au delà de ce terme , personne ne pouvait y rester comme étudiant , et s'il ne retournait pas dans sa province, il était renvoyé, à la diligence du préfet. De cette mesure , on n'exceptait que ceux qui , pendant leur séjour, avaient été admis dans une des corporations de la ville de Rome. Le préfet était également chargé de fournir tous les mois aux censualis des notes sur les étudiants. Tous les ans, ces notes étaient expédiées à la chancellerie impériale , avec une mention spéciale sur les progrès faits par chaque étudiant , afin que l'empereur pût savoir, au besoin , où trouver des hommes distingués pour les emplois publics (1).

Ces Édits étaient principalement destinés pour Rome; mais à Constantinople , les études, sans être moins sur-

(1) Toute* ces prescription! te trouvent dam le Cod. Tbeodo». t )jb. XIV» & u< Hxi.

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veillées , étaient peut-être plus favorisées encore. Consiantin4e*Gr*nd avait fondé dans cette capitale un grand ûombred'iastituts, nonTséulementmaintenuâ parsessuceesseurs , mais augmentés et améliorés. C'est pourquoi l'on peut dire avec raison que, pendant le cinquième siècle, c esta Gonstantinople que l'éducation scientifique avait atteint le niveau le plus élevé. Les professeurs (/w~ fessons littemwm) étaient complètement exempts de toutes charges publiques , eux , leurs femmes et leurs fil»; il n'était pas permis de les appeler sous les armes $ ils étaient dispensés d accepter des fonctions municipales, et tous ces privilèges leur étaient accordés, disait la loi, afin qu'ils pussent avec plus de liberté se livrer à renseignement (1). Mais afin que des hommes capables et honnêtes pttseeut seuls arriver au professorat, il fut réglé plus tard que les candidats devaient être de mœurs irréprochables, examinés par la cour impériale et institués par un décret de la dite cour, avec le consentement des notables habitants. Ge décret devait être soumis à l'empereur, pour que l'approbation du monarque donnât plus d'éclat aux études (2). Ici encore le pouvoir public seul intervenait, sans le concours des professeurs établis. Lorsque, après ces formalités , un professeur était jugédigoe de ses fonctions, il fallait, diaprés l'ordre de l'empereur, qu'il ouvrit, son cours dans un local convenable. Ces salles étaient toutes situées dans le même quartier de la ville, c'est-à-dire, à Borne oomme à Con- Btantinopla, dans la Regio ociam , qui , dans les deux villes, portait le nom de Capitole. A Constantinople, les étudia»!* ne devaient fréquenter que les cours autorisés ,

(1) Cod. Theod., lib. XIII, lit. m , lez 3. (*) lb. Ib. Iex5,

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qui se tenaient sous de belles et vastes colonnades. Une loi spéciale de l'an 425 interdisait , sous des peines sévères, aux professeurs qui faisaient ces cours publics, d'en faire d'autres en particulier. S'ils contrevenaient à cette défense , ils perdaient tous les droits et privilèges de professeurs impériaux (1). Sous Théodose-le-Jeune, les salles destinées aux cours furent agrandies et se distinguèrent par leurs dimensions et leur magnificence. Vers le même temps , un édit impérial fixa aussi le nombre des professeurs et les objets qu'ils devaient enseigner ; ainsi fut rétabli l'Institut pour les hautes études, fondé par Constantin-le-Grand. On le désigna sous le nom d'auditoire impérial ; il se composa, pour l'éloquence et la littérature latine , de trois orateurs et de dix grammairiens ; pour l'éloquence et la littérature grecque, de cinq sophistes et de dix grammairiens; d'une chaire de philosophie et de deux pour la jurisprudence. (Cum igitur adjungi ceteris volumus, quiphilosophiœarcana rimentur, duos quoquequijurisac legum formulas pandant) (2). Chacun de ces professeurs avait une salle particulière qui lui était assignée pour faire son cours ; et la considération dont ils jouissaient devait être bien grande , puisque l'empereur accorda à plusieurs d'entre eux , savoir, à deux professeurs de littérature grecque et à un professeur de littérature latine, à deux professeurs d'éloquence grecque et a un professeur de droit, le rang de comte de première classe, ce qui les mettait sur la même ligne que les vicaires des préfets.

Les études se trouvaient ettoore singulièrement facili-

(l) Cod. Thcocl., lib. XIV, tit. u, l?i a.

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