‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 316 sur 378 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

respect et une vénération qui étonnent. Aussitôt vin sophiste célèbre arrivait dans une ville , tout le nde s'empressait autour de lui, pour le saluer et lui ihaiter la bienvenue ; les jeunes gens surtout ne le il t aient pas. Theniistius, fameux sophiste grec, mort ta fin du quatrième siècle , rapporte qu'aussitôt que 3 habitants de Galatie apercevaient le manteau d'un phisle , ils s'y attachaient comme le fer à l'aimant, lors le rhéteur annonçait que , dans quelques jours , tiendrait une déclamation publique. L'enceinte du léâtre suffisait à peine pour contenir la foule des cuieux. Le personnage, objet de l'admiration générale, non tait dans une chaire élevée , tantôt couvert de vêements magnifiques , tantôt témoignant son mépris de toute pompe extérieure , par une négligence cynique. Il commençait son discours par louer ses auditeurs , puis il leur faisait connaître le sujet sur lequel roulerait sa déclamation*, il le choisissait ordinairement dans l'histoire de l'antiquité et surtout dans la mythologie. D'après ce que nous lisons dans Libanius , on peut se faire une idée de la forme de ces discours. Libanius cite treize genres d'exercices parmi lesquels on prenait les déclamations publiques ou particulières ; nous n'en citerons ici que les principaux, afin de faire mieux comprendre la nature des travaux de ces sophistes. C'étaient des récits tels que celui du combat d'Hercule pour Déjanire , celui de Philomèle et Progné, d'Alphée et Aréthuse. Il nous reste du cinquième siècle six récits de Sévère d'Alexandrie , sophiste célèbre; ils sont intitulés : la Violette 9 la Jacynthe, Arion, Icare, Othtis et fiphialtes.Qa bien l'orateur développait un lait ou une

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sentence remarquable ; par exemple , la réponse d'Alexandre montrant ses amis à ceux qui lui demandaient où étaient ses trésors , ou la définition que Théophraste donne de l'amour : qu'elle est la passion d'une âme oisive. Venaient encore des réfutations : ainsi prouver que Gbrysès ne s'est pas rendu sur les vaisseaux grecs ; au des affirmations : démontrer que le récit d'Homère sur Achille et ses armes est conforme à la vérité. Tantôt c'étaient des lieux communs contre un tyran et en faveur d'un tyrannicide 5 tantôt l'éloge ou la satire d'un héros, et l'on regardait comme le triomphe de l'art quand le rhéteur, après avoir achevé le panégyrique d'Achille , débitait sur-le-champ une satire contre lui. Nous connaissons des éloges du taureau et des satires contre là culture de la vigne. On faisait aussi des parallèles, comme, par exemple, entre le commerce maritime et l'agriculture, et entre Ajax et Achille. On aimait surtout les Éthopées, qui étaient fort à la mode -, l'orateur se supposait dans l'action d'un événement remarquable, imaginaire, mythologique ou historique, et parlait comme étant le principal personnage de cet événement (1), C'est ainsi que nous possédons de ce même Sévère d'Alexandrie des éthopées d'Achille apprenant, dans les enfers, la prise de Troie -, de Ménélas , après la fuite d'Hélène. Libanius nous a laissé Ulysse aux enfers , Médée se disposant à tuer ses enfants , Andromaque auprès dû corps d'Hector , etc. Ces discours étaient des espèces de représentations dans lesquelles le rhéteur pouvait déployer la partie dramatique de son art. Enfin on faisait aussi des descriptions où l'on soutenait une thèse , comme, par exemple, s'il fallait se marier.

(l) Ceci avait beaucoup de rapport avec les Ethicœ allocutions du moyeu âge.

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