‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 322 sur 378 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

dépenses pour briller et jouir. Rassembler dans un repas les productions des climats les plus éloignées ; réunir, dans une vaste maison de plaisance , tout ce que l'art et la nature peuvent offrir pour ajouter à l'agrément de la vie ; se vêtir tous les jours des étoffes les plus recherchées , des parures les plus précieuses 5 passer tout son temps au jeu ou à table, telles étaient les mœurs du temps. Mais le signe caractéristique du siècle, c'est l'affreux contraste de cette vie luxueuse et de superflu avec la profonde misère des campagnes dont les habitants étaient exposés aux invasions des Barbares, Pendant que, dans l'intérieur de la province, les riches nageaient dans la profusion , les frontières étaient ravagées par les Barbares. Pas un château , pas une forteresse, pour nous servir des expressions de saint Prosper, ne résistait à leurs attaques ; ni rivières , ni fossés , ni remparts ne les empêchaient de s'emparer des villes. Et quand elles tombaient au pouvoir des Barbares , tous les habitants , sans distinction d'âge ni de sexe , étaient passés au fil de l'épée ou emmenés en captivité. Leurs richesses étaient chargée^ sur des chariots, à la suite desquels marchaient les captifs et puis le clergé, ayant à leur tête l'évêque, ordinairement un vieillard; les vierges et les veuves, consacrées par des vœux solennels au service de Dieu , étaient traînées, comme les autres, en esclavage \ les églises réduites en cendres \ les vases sacrés profanés par les usages les plus vils. Mais précisément parce que ce danger planait également sur la tête de tout le monde , à tout instant , les esprits étaient devenus impassibles, et beaucoup de gens ne pensaient qu'à jouir le plus possible du moment présent , puisque le lendemain pouvait les précipiter dans la plus horrible des destinées. Cette situation a été peinte avec la plus éner-

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gique vérité par Salvien , lorsqu'il montre tous ces peuples tombés dans l'inertie; la lâcheté, la passion, la négligence et l'insouciance portées au plus haut degré) toute l'existence concentrée dans le bonheur de manger, boire et dormir. Ce sommeil , si semblable à la mort, était souvent suivi de la mort elle-même : nouvelle preuve , qu'au pécheur qui a comblé la mesure , Dieu enlève jusqu'à la force de se dérober au danger qui le menaoe (4).

(I) Àreodt, p. 4404 46». - IMIer, Comment, de je**» « morUme mi Ttmdosiani, cap. 11. — On peut compléter ce tables* de la société et de la liuératan «a cinquième siècle, en consultant: Fleory , Mœurs des chrétiens; Beugnot, JfùL de h» destruction du Pmgmusnm dans tOcctdent; Gobot, Cmus m*ki§êahm mmdam, 1. 1 et II ; Fauriel, BiU, de U Garnie méridionale; Coljomk* iïà* c*uéfc cl refcçie»* des lettres htincs aux quatrième et cinquième siècles f\ vol.

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